Inadmissibles perturbations d'un colloque sur l'histoire de la shoah à l'EHESS par des nationalistes polonnais

Il apparaît indispensable à l’UR d’alerter sur la gravité des événements intolérables qui se sont produits les 21 et 22 février 2019 lors d’un colloque organisé à Paris par l’EHESS en partenariat avec le CNRS. Ce colloque scientifique international portait sur La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah. Les organisateurs du colloque, ainsi que la présidence de l’EHESS, ont d’abord fait l’objet de pressions insidieuses visant à le faire annuler ou à en faire modifier le contenu scientifique. Ensuite les deux journées de ce colloque ont, elles-mêmes, été perturbées par divers incidents provoqués par une trentaine d’individus déterminés à empêcher la tenue du colloque, se revendiquant comme nationalistes polonais et forts du soutien du gouvernement xénophobe et antisémite de la Pologne actuelle. Des propos antisémites d’une extrême gravité ont été tenus pendant et en marge du colloque.

Nous sommes très choqués que des manifestations d’intolérance et de haine de cet ordre-là se produisent aujourd’hui en France, et qu’une rencontre scientifique ait été exposée à des attaques d’intimidation antisémites visant à dissuader des chercheurs d’exposer leurs travaux. Nous devons manifester partout et toujours notre attachement à la liberté de la recherche. Le négationnisme est un abominable mensonge, hélas fort répandu, qui a beaucoup sévi dans notre pays - souvenons-nous du sinistre Faurisson. S’il est indéniable que la Pologne ait été martyrisée par les nazis, comment oublier que tant de Polonais aient eu une responsabilité dans l'extermination des Juifs ? Lorsque des propos abjects antisémites et négationnistes sont soutenus par des autorités gouvernementales, la situation devient d’autant plus intolérable. Il faut tout faire pour empêcher la propagation de la haine et du mensonge. On peut se rappeler cette mise en garde de Primo Levi : « c’est arrivé et ça peut arriver de nouveau ».

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