Le bureau de l’Union rationaliste

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20/10/2007

Deux Prix Nobel

Le Prix Nobel de physique 2007 vient d’être décerné conjointement à Albert Fert, professeur à l’Université Paris-Sud, directeur scientifique au sein de l’Unité mixte CNRS/Thalès et au physicien allemand Peter Grünberg. Le prix récompense leur découverte en 1988 de la magnétorésistance géante, un nouveau phénomène a l’origine de nombreuses applications notamment l’augmentation considérable des performances des têtes de lecture utilisées aujourd’hui avec tous les disques durs. La découverte n’aurait pas été possible sans le développement des techniques de préparation de matériaux en couches extrêmement minces dans les années 1970. Elle a fait émerger un nouveau type d’électronique. Cette spintronique est une nanoscience en pleine expansion.

L’Union rationaliste salue le Prix Nobel d’Albert Fert, médaille d’or CNRS 2003. Nous nous réjouissons d’autant plus qu’il vient opportunément témoigner de la vitalité du système de recherche français dans une période où celui-ci est violemment attaqué [1]. Le gouvernement veut réduire le rôle du principal organisme de recherche publique, le CNRS en faisant table rase de ses spécificités, pour privilégier avec l’ANR une recherche sur projet étroitement pilotée. Il affiche une vision purement utilitariste et concurrentielle de la recherche scientifique, que le refus de s’appuyer sur l’analyse du réel plutôt que sur des a priori idéologiques risque de surcroît de rendre inopérante, même à court terme. L’Union rationaliste souligne au contraire la nécessité de développer la recherche fondamentale en tenant compte de ses spécificités dans le cadre d’une politique de recherche ambitieuse permettant de répondre sur le long terme aux besoins de la société.

Le Prix Nobel de la Paix vient d’être attribué au Groupe intergouvernemental d’étude sur le climat (GIEC) et conjointement à l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore. Le travail du GIEC s’appuie sur les recherches de milliers de scientifiques à travers le monde entier. Rapport après rapport, ce travail a permis de dégager un socle de connaissances de plus en plus précises sur l’impact des activités humaines sur l’évolution du climat. Al Gore a popularisé la menace écologique avec son documentaire « Une vérité qui dérange ». En distinguant le GIEC et Al Gore, le Comité Nobel norvégien a souligné la menace que les changements climatiques font peser sur les conditions de vie d’une grande partie de l’humanité, avec en conséquence une concurrence accrue pour les ressources et les risques induits de conflits violents allant jusqu’à la guerre. Il a lancé un appel solennel à une prise de conscience mondiale : « L’action est nécessaire maintenant, avant que le changement climatique n’échappe au contrôle de l’homme ». La décision du Comité Nobel est un puissant encouragement pour tous ceux qui s’efforcent de promouvoir cette idée dans l’opinion française.

L’Union rationaliste s’en réjouit d’autant plus vivement que son vice-président 2004-2006, Michel Petit, compte parmi les artisans majeurs du GIEC (Il a été notamment premier représentant de la France au GIEC de 1992 à 2002). Le passage de la prise de conscience à l’action rend encore plus actuel le développement de nos interventions « Pour une attitude rationnelle face au changement climatique » selon le thème de notre colloque 2005 [2].

Le bureau de l’Union Rationaliste, 20 octobre 2007

[1] Voir la déclaration votée à l’unanimité par le Conseil scientifique du CNRS. Albert Fert et plusieurs scientifiques étrangers sont, entre autres, membres de ce conseil.

[2] Menace sur le Climat Raison présente 154-155, Nouvelles éditions rationalistes, 14 rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris.

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