le bureau de l’Union Rationaliste

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28 mai 2009

Les chantiers ne manquent pas !

L’Union rationaliste a été créée en 1930 par des scientifiques et des universitaires impliqués dans les combats progressistes de leur temps. Elle se mobilise alors autour d’un objectif : « faire connaître dans le grand public l’esprit et les méthodes de la science ». Elle rappelle et défend le rôle fondamental de la raison dans l’aventure humaine, face au mépris de la raison et de la culture affiché par le fascisme triomphant. La raison, la science et la culture sous-tendent toujours les différents objectifs de l’Union rationaliste aujourd’hui : la lutte contre les irrationalismes et pour la laïcité, la nécessaire refondation des rapports de la science et de la société, la défense de la recherche fondamentale, et enfin la promotion d’une culture humaniste intégrant la science dans la culture générale. Au lendemain de notre assemblée générale, nous appelons tous ceux qui partagent ces préoccupations à nous rejoindre beaucoup plus nombreux. Nous avons besoin de leurs idées et de leur soutien.

Le rationalisme a évolué au fil des siècles avec l’avancée des connaissances. Il a intégré les rôles de l’expérience et de l’intuition en les articulant à la fonction critique de la raison. Le rationalisme n’est pas un dogme, contrairement à une opinion trop répandue. Il constitue selon nous un système de pensée d’une grande actualité, plus que jamais nécessaire pour tenter de dénouer les contradictions qui pèsent sur les sociétés actuelles. L’Union rationaliste se doit pour sa part de travailler dans cet esprit sans se laisser enfermer par la réponse, fût-elle nécessaire, à une actualité trépidante où la succession rapide des sujets abordés et des décisions contestées contribue à brouiller la réflexion de fond. Nous n’avons pas vocation à nous positionner en fonction de choix politiques. Nous avons, en revanche, toutes les raisons de nous exprimer avec l’ambition de contribuer à un débat sur les idées, à partir d’analyses argumentées. Les grandes questions de société recoupent d’une manière ou d’une autre nos préoccupations fondamentales, nous ne saurions les ignorer.

Nous ne saurions ignorer la crise économique, qui intervient dans un contexte d’inquiétudes sur la gestion des ressources de la planète dont on a reconnu le caractère limité. Il n’est pas de meilleur outil que la raison pour rechercher les voies d’un développement plus durable et plus soucieux des besoins des femmes et des hommes des générations actuelles et futures. Dans ce domaine aussi, les dogmes doivent être réexaminés à la lumière de l’expérience. Nous ne saurions ignorer qu’un monde profondément inégalitaire – particulièrement dans les rapports entre le Nord et le Sud – est un terreau favorable, ici au repliement sur les intérêts égoïstes sublimés par la société de consommation, là au développement des fanatismes religieux.

Chacun reconnaît que le système éducatif depuis la maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur a besoin d’être adapté pour mieux répondre aux besoins et aux attentes de la société en ce début de siècle. Il n’apparaît pas que les réformes, objet d’une forte contestation dans les milieux concernés, apportent la réponse adéquate à ces enjeux de taille. Nous faisons appel à tous ceux qu’intéresse l’intégration de la science dans la culture générale : quelles mesures, quelles conditions faut-il préconiser pour que l’enseignement primaire et secondaire contribue beaucoup plus qu’aujourd’hui à cet objectif ? La culture scientifique ne se résume pas à des savoirs, elle implique la compréhension des méthodes de la science ainsi que la formation à l’esprit critique, étape nécessaire de l’épanouissement de la démocratie au XXIe siècle, comme le fut l’alphabétisation en d’autres temps. Curieusement, ce n’est que très récemment que la question des classes préparatoires aux grandes Ecoles et des IUT, mieux financés que la licence en particulier, s’est introduite dans le débat sur la réforme des universités : celle-ci est censée favoriser la professionnalisation des cursus universitaires en fonction de débouchés potentiels : voilà un sujet qui mériterait d’être remis à plat. Il en est bien d’autres : loin des clichés assimilant science et technoscience, l’évolution des pratiques réelles de la recherche dans des domaines de plus en plus spécialisés mérite également analyse. Comment peut et doit s’exercer l’indispensable liberté d’initiative des acteurs de la recherche, quels rapports entre recherche de connaissances et innovation pour que la première ne soit pas subordonnée à la seconde ?

Les sciences et les techniques, et jusqu’à la connaissance même, n’apparaissent plus aujourd’hui aux yeux de beaucoup comme nécessaires à un progrès lui-même contesté. Le manifeste « La raison, la recherche scientifique et l’avenir de la planète », rédigé à notre initiative l’année dernière, réaffirme que si le progrès scientifique n’entraîne pas automatiquement le progrès de la société, il en est plus que jamais une condition indispensable. Les idées qu’il exprime sont plus que jamais d’actualité. Nous vous appelons à le soutenir.

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