le bureau de l’Union Rationaliste

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30/05/2008

Des valeurs du vingt et unième siècle ?

L’actualité est riche en évènements qui interpellent sur les références qui tendent à s’imposer à notre époque. Citons en quelques unes, d’un jugement sur le divorce au rappel à l’ordre de la commission Copé.

      Comment ne pas être stupéfait et indigné en apprenant qu’il s’est trouvé un tribunal français pour annuler un mariage  au motif que la jeune mariée aurait menti sur sa virginité ! Et de se référer à un jugement prononcé au dix-neuvième siècle comme explication. Ce serait risible, si ce n’était pas si grave. C’est encourager les jeunes musulmanes à se précipiter dans les hôpitaux pour retrouver le droit au « respect » du futur mari et de la communauté. C’est donner droit en France à des préjugés ancestraux et risquer de les promouvoir. Pour éviter de critiquer ce jugement scandaleux on nous exhume des exemples d’autres motifs d’annulation ou de divorce relevant de l’intimité : il serait temps de « dépoussiérer » la jurisprudence, sauf à faire du  mariage une pratique d’expression des intégrismes.

      On réforme ou on veut réformer beaucoup par les temps qui courent. On pourrait s’en réjouir si ne s’imposait pas le sentiment que ces réformes, loin d’être élaborées à partir d’une analyse rationnelle des difficultés à surmonter et des conséquences de différentes options, sont sous- tendues d’abord par une vision idéologique : plus de « souplesse », plus de compétition, moins de coopération, moins de solidarité. On trouve la marque de cette idéologie, avec la méfiance envers le collectif et  la démocratie, l’accent mis sur le court terme, la désinvolture envers le long terme, aussi bien dans la réforme des universités que dans celle en marche pour la recherche et notamment le CNRS. L’inquiétude qui se manifeste sur l’avenir du Palais de la découverte dans l’hypothèse d’une fusion avec la Cité des sciences et de l’Industrie n’aurait peut- être pas lieu d’être si l’importance de la recherche fondamentale, dont la présentation est l’axe majeur du Palais, était clairement affichée et si les recherches d’économies ne se concentraient pas systématiquement sur la fonction publique et les entreprises d’intérêt collectif.

     La suppression de la publicité dans l’Audiovisuel public.est un autre exemple de débat engagé dans cet esprit.

     Il faudrait, proclame le Président de la République que le service public « marque davantage sa différence et s’efforce de tirer vers le haut un paysage audiovisuel que la gravité naturelle entraîne vers le bas ». On voudrait applaudir : Les Français passent en moyenne plus de trois heures devant le petit écran. La qualité de ce qu’ils regardent est essentielle à la démocratie comme à la culture. Comment atteindre l’objectif fixé ? A supposer que l’objectif d’une « nouvelle télévision » ne soit pas un leurre, ce sur quoi on peut s’interroger, les idées ne se bousculent pas en haut lieu sur ce qu’il convient de faire. On met donc une commission au travail. Il faut trouver des ressources importantes. Nombre de professionnels s’inquiètent : le basculement vers le privé des 780 millions d’euros de ressources publicitaires du public, est-ce bien « raisonnable » alors que Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de ne pas augmenter la redevance ? Alors qu’il n’est pas dans la ligne des règles européennes de taxer des opérateurs privés pour dégager des fonds dans l’intérêt collectif ? Cette semaine, la commission « Copé » vient d’être rappelée à l’ordre pour avoir oser envisager de relever la redevance, une des plus faible d’Europe, ne serait ce que pour rattraper l’inflation depuis 2002. Survivra t elle ?. Question à suivre. Nous avons pour notre part souligné la nécessité de doter une nouvelle télévision publique des moyens pérennes importants sans lequel on s’acheminerait vers une dégradation irréversible, avant d’aborder quelques problèmes plus spécifiques dans un court mémorandum à l’intention de la commission.

     Une conception largement dominante, qui fait de la science un domaine extérieur à la culture générale, prévaut aussi à la télévision où de surcroît l’appel à l’émotion réduit le rôle de la raison et de l’esprit critique à la portion congrue. Toutes les missions de l’audiovisuel public sont concernées à des degrés divers par cette situation anachronique et dangereuse.

     Nos suggestions portent sur le développement d’émissions scientifiques de qualité en beaucoup plus grand nombre, sur la place de la science dans des émissions généralistes, sur les innovations nécessaires dans la manière de traiter les débats de société, enfin sur le développement des contacts entre scientifiques et journalistes

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