Le bureau de l’Union rationaliste

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8 janvier 2009

Promouvoir la raison, un objectif pour 2009

Le bureau de l’Union rationaliste présente à tous les adhérents, à tous les visiteurs du site, ses meilleurs vœux pour l’année 2009. Le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices, hélas. Chacun s’attendait bien à ce que les conséquences sur l’économie, donc sur l’emploi, de l’effondrement du marché se rappellent à notre attention, les fêtes de fin d’année passées. Là ne s’arrêtaient pas les motifs d’interrogations, sinon d’inquiétudes ou de protestations. Face à nombre d’évènements ou de décisions prises au cours de l’année 2008, nous étions en droit de nous demander : mais où est passée la raison ?

     L’éradication de la faim dans le monde est un objectif de l’ONU : le nombre d’habitants de la terre souffrant de la faim a augmenté en 2008, suite à la diminution des stocks de céréales et en la spéculation sur leur prix entraînée en partie par la demande de biocarburant. L’Europe s’enorgueillit d’avoir adopté in extremis en décembre un paquet de recommandations « climat/énergie » : Les données à la base de cet accord ne sont guère explicitées. L’accord foisonne de dérogations importantes sur le payement de la « taxe carbone » lorsque celle-ci contredit le strict respect de la libre concurrence, notamment pour des industries très polluantes. La discussion sur la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public et son financement n’est pas achevée au parlement, que le système est déjà mis en place. Et pendant ce temps là, l’irrationalisme continue à faire le miel d’émissions de télévisions à travers documentaires et enquêtes faisant fi de toute méthodes d’investigation quelque peu scientifique. Le système éducatif, depuis l’école primaire jusqu’aux universités et aux organismes de recherches est ébranlé : Une grande priorité théorique lui est reconnue, mais il perd des postes … et des heures de cours dans le primaire et le secondaire. « La contre-réforme de la recherche et de l’université française », titre un article du quotidien La Tribune le 31 décembre : « la France fait le choix de s’appuyer sur ses points faibles, y lit on, pour détruire ses points forts ». Si la visite de Benoist XVI en septembre a été orchestrée pour vanter à nouveau les mérites de « la laïcité positive », c’est subrepticement que Bernard Kouchner a signé avec le Vatican un accord reconnaissant les diplômes délivrés par l’Institut catholique : Cet accord s’inscrirait, paraît-il dans des obligations découlant du processus « d’harmonisation de l’enseignement supérieur » lancé par l’Union Européenne, dit processus de Bologne. Le Vatican serait donc un Etat européen ? Cette affaire vient à juste titre de susciter la protestation des présidents d’Université.

     Le 27 décembre, Israël lance une attaque aérienne sur Gaza, au motif des tirs de roquettes du Hamas sur les villes du sud. Les opérations s’amplifient le 3 janvier avec le début de l’offensive terrestre, sans d’ailleurs arrêter les tirs de roquettes. D’importantes forces investissent Gaza, multipliant les morts qui se comptent déjà par centaines. Plusieurs écoles mises à la disposition des habitants par l’ONU sont touchées mardi : elles auraient abrité des stocks d’armes. Les journalistes sont interdits dans la zone, mais ONG et membres d’organismes de l’ONU sur place font état, contrairement aux officiels israéliens, d’une situation humanitaire catastrophique. Que se passera-t-il si Tsahal entreprend d’avancer dans le cœur des villes surpeuplées ? Devant cette tragédie, l’Union rationaliste ne peut que souhaiter que les négociations entreprises par les européens (Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner d’une part, la délégation conduite au nom de la présidence tchèque de l’Europe d’autre part) débouchent sur un accord de cessez le feu immédiat, exigence à laquelle vient de se rallier le Président Bush. Regrettons cependant que les gouvernements de l’Union européenne aient cru bon en décembre, sans aucune garantie d’amélioration du respect des droits de l’homme dans les territoires occupés, de rehausser le niveau de l’accord de coopération Israël-Union européenne, contrairement à l’avis du Parlement européen lui-même.

     Rien ne sera réglé si la tuerie continue, mais rien ne sera réglé non plus dans la durée, si le répit d’une trêve n’est pas mis à profit pour rechercher les bases d’un accord de paix respectant le droit international pour les deux parties. Les approches asymétriques de précédentes négociations, encouragées par les Etats-Unis et l’Union européenne au fil des années, ont trop souvent privilégié la sécurité d’Israël d’abord, le droit des palestiniens à un Etat viable ensuite : elles ont fait la preuve de leur caractère pervers ; après chaque tentative de ce genre, il faut se rendre à l’évidence, la situation est dégradée, les extrémistes des deux bords sont renforcés. Il n’y a pas d’autres voies que la raison, l’aide de la communauté internationale, le respect de l’égale dignité et des droits de chacun des peuples concernés pour surmonter un passé d’affrontements dramatiques et négocier les termes de la paix entre Israël et l’Etat palestinien.

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