Le bureau de l’Union Rationaliste

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17 février 2009

« Etourdir de grelots l’esprit qui veut penser »

L’année 2008 restera marquée par l’ampleur d’une crise financière et déjà économique dont les conséquences à venir s’annoncent redoutables. De tels évènements concernent et scandalisent tous les citoyens qui, à juste titre, revendiquent de ne pas payer pour une crise dont ils sont victimes. Les rationalistes parmi eux ont un rôle spécifique à jouer dans les réflexions menées sur les causes du cataclysme et les remèdes possibles. L’objectif de l’Union rationaliste est bien, sur cette question comme sur toutes autres, de promouvoir les démarches rationnelles basées sur l’examen de données fiables et transparentes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a beaucoup à faire.

L’activisme réformateur du président de la République n’est pas troublé par l’acuité de ces problèmes. Il se traduit par une avalanche d’annonces, de création de comités chargés de faire des propositions… et de décisions prises avant que la concertation soit même amorcée. Le système éducatif, depuis l’école primaire jusqu’aux universités, est ébranlé. Les changements prévus, en suspens devant la vigueur des protestations, vont à contre courant des objectifs qui sont les nôtres. Nous souhaitons que l’enseignement délivre une culture humaniste intégrant la science dans la culture générale, donnant toute sa place à la formation à l’esprit critique. Il y a une grande hypocrisie à afficher la priorité de l’Education tout en supprimant des postes à tous les niveaux. Par delà les points de vue divers exprimés par des enseignants, des universitaires ou des étudiants sur la formation des maîtres, les protestations se focalisent à juste titre sur la suppression de l’année de stage rémunérée.

Une conception managerielle imprègne la véritable contre-réforme des universités et des organismes de recherche que l’on cherche à imposer. Force est de dire que le diagnostic de carence des institutions actuelles qui sert de justification à cette entreprise traduit l’ignorance des données réelles, et le mépris de ceux qui les font vivre et de leurs propositions. Dans ces domaines plus que dans tous autres, les visées à court terme passent à côté des enjeux majeurs : le développement des connaissances et de la culture, la construction de nouveaux rapports de la science et de la société favorisant le progrès scientifique et sa contribution à l’amélioration durable du bien être de la société. Il y avait, il y a encore des propositions constructives à saisir dans les travaux des Etat généraux tenus par universitaires et chercheurs en 2004. Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 22 janvier a joué le rôle de révélateur pour tous ceux qui voulaient encore voir dans les réformes avancées une volonté de remédier aux difficultés indéniables que rencontrent les universités : tout le monde s’est retrouvé dans la rue.

Après les attaques frontales menées contre la laïcité il y a un peu plus d’un an, le lustre donné à la visite de Benoist XVI en septembre, le temps est venu d’opérations menées dans l’opacité la plus totale. On a ainsi appris à posteriori par les journaux la signature le 18 décembre d’un accord entre la République Française et le Saint-Siège « sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur ». L’accord, signé par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, sans que le ministre de l’Education nationale ne soit semble-il informé, bafoue la laïcité. Il ouvre la porte en grand au déploiement de l’enseignement privé, suscitant la protestation des présidents d’université. La lecture du dossier préparé par la ligue de l’enseignement est édifiante (http://www.pourleducation.fr/ ). On met sur le même plan, les diplômes délivrés sous l’autorité de l’Etat et ceux délivrés par les « universités » catholiques. Jusqu’à plus ample informé, l’usage du terme université pour désigner une institution d’enseignement supérieur privé est interdit par la loi sous peine d’une amende de 30 000 Euros ! De même, selon l’article de la loi « Les certificats d’études qu’on juge bon de décerner aux élèves (dans les institutions d’enseignement privé) ne peuvent porter les titres de licence ou doctorat ». Ces titres sont pourtant déroulés dans le protocole additionnel de l’accord. Ni la Convention de Lisbonne de 1997 « sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne », ni le processus de Bologne « pour la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur » (49 pays), mis en avant pour justifier l’accord n’ont force de loi obligeant la France envers le Vatican. A quand la reconnaissance d’une « université » enseignant la Charia, ou celle de « L’Institut pluridisciplinaire de Paris » ?

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