Bérengère Hurand

Professeure de philosophie

Jean-Sébastien Noël

Maître de conférences en histoire contemporaine

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23/05/2021

Réforme Blanquer-Vidal : Le Capes !

Emmanuelle Huisman-Perrin reçoit Bérengère Hurand et Jean-Sébastien Noël

Paris, le 26 janvier 2021, des enseignants mécontents manifestent. • Crédits : Thierry Nectoux/Gamma-Rapho via Getty Images – Getty

La réforme du Capes s’opère par un passage en force du ministère et un décret réduisant à l’impuissance ceux qui s’opposent à ses réformes. Les modalités des épreuves changent : un entretien de motivation se substitue à une épreuve disciplinaire, modifiant l’esprit du concours.

Depuis 2019, et la mise en place de la réforme Blanquer-Vidal, nous ne cessons d’alerter les auditeurs sur le plus grand démantèlement du service public d’éducation que la France ait jamais connu.

Nous avions déjà dénoncé en ces termes l’action de Xavier Darcos en 2008 dans une émission diffusée le 27 avril, mais Jean-Michel Blanquer qui fut le DGESCO (direction générale de l’enseignement scolaire) de Luc Chatel sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy semble aujourd’hui parvenir à faire beaucoup plus et beaucoup mieux pour ce démantèlement que ces prédécesseurs en s’attaquant de la maternelle à l’université, et tout naturellement à la formation des professeurs à tous les secteurs de l’éducation.

Aujourd’hui c’est à réformer le Capes que le ministre s’est attaqué par un arrêté du 25 janvier 2021, entérinant un projet de réforme contesté notamment par les professeurs d’histoire et géographie et par les professeurs de philosophie, deux disciplines très attachées à défendre le contenu disciplinaire contre toute dérive pédagogiste.

Intervenants

Bérengère Hurand
Professeure de philosophie en CPGE et membre du jury du Capes de philosophie.
Jean-Sébastien Noël
Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de La Rochelle, enseignant en Master (MEEF) master des métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation.

Bibliographie
  • Philippe Champy, Vers une nouvelle guerre scolaire. Quand les technocrates et les neuroscientifiques mettent la main sur l’Education nationale. La découverte, 2019.
  • Christian Laval et Michel Blay, Neuropédagogie : le cerveau au centre de l’école. Tschann et cie, 2019. 
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2 réflexions sur “Réforme Blanquer-Vidal : Le Capes !”

  1. Bonjour,
    Emission intéressante à mettre en perspective avec l’autre chantier de Blanquer qui combine le “Tout numérique” et l’accès aux privés-capitalistes :
    https://www.in-fine.education/fr/content/choisissez-votre-acces-a-l-evenement
    l’ensemble est cohérent ( d’autant que le boost est mis aussi sur la 5G sans quoi la réalisation matérielle ne sera pas possible)
    Votre équipe, bien plus compétente que moi, pourrait-elle passer ce sujet, cette convergence à la moulinette de la méthode scientifique ?
    D’avance, merci
    Dany ( ex-enseignante)

  2. bonjour,
    J’ai écouté l’émission avec beaucoup d’intérêt.
    Je remarque qu’on entend rarement les enseignants de sciences, c’est dommage…
    J’aimerais entendre le point de vue de professeurs de mathématiques, ou de physique-chimie, c’est dans ces matières que la réforme du Bac fait le plus de dégâts, me semble-t-il.
    Autour de moi, des lycéens me disent que bon nombre d’élèves de première arrêtent les mathématiques (totalement, puisqu’il n’y a pas de maths dans le tronc commun). Ceci a pour conséquence que, dès le milieu de la seconde, nombre d’élèves ne s’intéressent plus aux maths, n’apprennent plus leur cours…
    De plus, certains jeunes choisissent la spécialité physique-chimie, ou NSI (informatique) sans faire de maths !! Ceci est une aberration.
    Dans le lycée de ma fille, le proviseur adjoint passe dans les classes de seconde pour annoncer que la spécialité maths n’est pas indispensable, même pour devenir médecin, ingénieur, entrer en école de commerce ! Pourquoi un tel discours ? Des jeunes, brillants élèves, vont ainsi voir des portes se fermer pour leur poursuite d’études. Dans son lycée, dès la rentrée prochaine, un poste d’enseignant de physique-chimie et un poste d’enseignant de maths seront supprimés. D’autres devraient suivre à la rentrée suivante…
    Le pays a besoin de scientifiques ; il a aussi besoin de citoyens capables de réflexion, d’analyse.
    Hélas, la réforme Blanquer prend la direction opposée…

    Un mot au sujet du grand oral : en terminale, mon fils a choisi pour spécialités mathématiques et physique-chimie ; comment développer un sujet dans ces domaines sans écrire sur un tableau, uniquement en discutant ? C’est impossible, on ne fait pas des sciences en discourant ! L’épreuve n’est absolument pas adaptée aux sciences. Tout au plus peut-on faire un historique d’une notion. Ceci est intéressant, certes, mais ce n’est pas des sciences, et les professeurs font le choix (judicieux) d’avancer dans les programmes plutôt que de pratiquer l’exposé d’histoire des sciences durant leurs heures de cours … déjà trop peu nombreuses !
    RIP les mathématiques…

    Bien cordialement.

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