Jean-Claude Vial

Astronome

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9/12/2021

À qui appartient le ciel ?

L’astronomie en prise avec l’accaparement mercantile des orbites basses

L’Union rationaliste se préoccupe de l’accaparement de l’espace ; nous attirons l’attention sur le séminaire « À qui appartient le ciel ? L’astronomie en prise avec l’accaparement mercantile des orbites basses » qui s’est tenu le 16 décembre 2021 à 16h au Centre Universitaire des Saints-Pères, dans le cadre « politique des sciences » (cf. Annonce ci-dessous).

Ce séminaire est rediffusé sur la chaine :
https://www.youtube.com/channel/UCnTWR2yCIRn_Po8v3EzQJfg

 Il est à noter que les milliers de satellites en orbites basses qui pollueront notre ciel sont  à l’initiative d’un des deux plus riches hommes du monde (200 milliards de dollars) . Sa société Space X a récemment envoyé quatre touristes dans l’espace (dont un milliardaire de 38 ans). Il y a 2 jours, ce milliardaire (quelquefois qualifié de « Madoff de l’industrie américaine «) a exhorté ses salariés à travailler durant les fêtes… pour sauver l’entreprise spatiale de la faillite. De son côté, le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, (qui pèse lui aussi près de 200 milliards de dollars) a fondé sa société (Blue Origin) pour organiser des voyages suborbitaux qu’il a inaugurés lui-même le 20 juillet 2021 avec trois autres touristes.

Ces divers aspects d’une véritable privatisation de l’espace méritent toute notre attention. N’hésitez pas à nous faire part de vos réflexions dans les commentaires en bas de l’article.

Séminaire Politique des sciences 

À qui appartient le ciel ? L’astronomie en prise avec l’accaparement mercantile des orbites basses

Le 16 décembre 2021 à 16h-20h, amphi Lavoisier A, Centre universitaire des Saint-Pères, 45 rue des Saints-Pères, Paris 6ème. Rediffusion sur notre chaîne.

Des flottes composées de milliers mini-satellites en orbite basse terrestre (~300-500 km d’altitude) sont en cours de déploiement ou le seront bientôt. Ces services commerciaux promettent de connecter à Internet le monde entier. En guise de tête de gondole, le projet Starlink, filiale de l’entreprise SpaceX d’Elon Musk, illustre les méthodes et les objectifs mercantiles de ce segment de l’industrie spatiale relié au capitalisme numérique. Sa mise en place s’est réalisée à une cadence soutenue depuis 2018, et les caractéristiques techniques sont vertigineuses : entre autres, le service pourrait compter 12 000 satellites en fin de déploiement opérationnel vers 2025. Cet accaparement du ciel, s’il a emporté l’adhésion des premières dizaines de milliers d’abonnés anxieux de booster leur bande passante et des adeptes de la technolâtrie californienne, a néanmoins provoqué une pollution sans précédent du fait des sillons lumineux que laissent ces mini-satellites sur leurs passages. Ainsi, c’est la contemplation et l’observation du ciel qui seraient menacées par ces déploiements en marche forcée. En réaction, les communautés professionnelles et les amateurs d’astronomie se sont mobilisées pour alerter sur les impacts potentiellement désastreux de ces « méga-constellations » sur la pratique de l’astronomie — et au-delà, des usages de l’orbite basse, de plus en plus gênés par la prolifération des missions commerciales. 

Cette séance propose de faire le point sur ce problème rapidement devenu public. Cette séance alternera entre les diagnostics techniques sur le coût environnemental de ces infrastructures, les discussions autour des différents enjeux (technologiques, réglementaires, économiques, politiques, culturels, etc.) de leur développement, mais aussi les retours réflexifs sur les modes de mobilisation des professionnels et amateurs d’astronomie. Elle ouvrira aussi la réflexion sur les évolutions de notre rapport à l’environnement et au cosmos, et sur l’importance de défendre le ciel comme bien commun.

  • Faustine Cantalloube (CNRS) — « Les nouvelles pollutions du ciel » 
  • Roland Lehoucq (CEA) — « Dommages collatéraux des constellations de satellites »
  • Éric Lagadec (Observatoire de Nice, Président de la SF2A) — « Une mobilisation scientifique internationale inédite »
  • Fabrice Mottez (Observatoire de Paris, Rédacteur en chef de l’Astronomie) — « Les astronomes amateurs face à la pollution lumineuse du ciel »

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