Hélène Langevin-Joliot et Nelly Bensimon

Groupe de travail Culture scientifique

Partager sur twitter
Partager sur email
Partager sur print

8/01/2022

Quelles propositions pour l’École ?

Le groupe de travail Culture scientifique vous invite à participer à deux réunions en visioconférence sur les questions d’enseignement.

  • Jeudi 13 janvier, 18h30-20h
    Vers la quasi disparition de la formation en science des professeurs des écoles : quelles propositions pour inverser la tendance dans le contexte des réformes en cours ?
  • Jeudi 17 février, 18h30-20h
    Les constats d’échec du système scolaire français : quelles priorités pour l’éducation ?

Cette réunion est ouverte à toute personne intéressée. Pour assister à la réunion, adressez un courriel à : 
nelly.bensimon@union-rationaliste.org pour obtenir en retour le lien Zoom. 

Chers collègues,

Nous avions consacré deux réunions au printemps dernier à la place très insuffisante accordée aux sciences dans la formation initiale et continue des professeurs des écoles. Vous avez reçu un certain nombre de documents avec les convocations et comptes-rendus de ces réunions. Les discussions ont été très riches, Il doit être possible d’en dégager quelques conclusions ciblées, qui puissent être répercutées notamment sur le site de l’Union rationaliste et faire l’objet de discussions avec d’autres associations pour agir dans l’espace public.

La formation en sciences des professeurs des écoles s’inscrit dans un contexte de difficultés croissantes touchant l’ensemble de l’Education nationale, auxquelles manifestement la déferlante de réformes qui se succèdent ces dernières années n’apporte pas de réponses, quand elles ne les aggravent pas. Toutes les enquêtes récentes (Pisa, Timms..) sur les performances du système scolaire en France  montre que la situation se dégrade. Inverser la tendance est un enjeu majeur pour l’avenir. La proximité des élections présidentielles et législatives incite à faire le tour des difficultés les plus criantes de l’école au lycée et à l’Université, et si possible à dégager quelques mesures urgentes à promouvoir.

Deux réunions en vidéoconférence seront organisées en janvier février. La première date est le jeudi 13 janvier de 18 h 30 à 20 h. vous trouverez ci-dessous des éléments d’introduction au débat :

  • Un résumé, question par question, concernant des sujets en discussion dans nos réunions précédentes
  • Une liste commentée de questions à aborder maintenant ou plus tard, dont quelques unes déjà brièvement évoquées (voir le diaporama de Patricia Chauvard) ).

Nous attendons vos commentaires et vos suggestions pour finaliser l’ordre du jour de la première réunion 2022.

Notez dès à présent que ces sujets seront en partie abordés lors du prochain colloque de l’UR le 10 février (à venir sur le site https://union-rationaliste.org/)

Très cordialement,
Hélène Langevin-Joliot et Nelly Bensimon 

Groupe Culture scientifique

En introduction aux discussions de la réunion du 13 janvier 2022

  1. Réduction de la part de formation scientifique des futurs professeurs des écoles dans les INSPE.

Les maquettes d’enseignement sont du ressort de chaque université dans laquelle opère une INSPE, mais dans le cadre du respect des instructions du Ministère de l’éducation nationale (MEN). Celles-ci réduisent à partir de 2022, l’enseignement des sciences à (35 heures) au lieu des 68 heures, déjà insuffisantes opérationnelles en 2021, sur les 840 heures de formation en deux ans de master. (D’où les protestations des sociétés savantes et leurs propositions à l’initiative de la SFP). La coupure entre math et sciences expérimentales annule les efforts faits précédemment pour combler cette coupure. L’exclusion des sciences expérimentales des « fondamentaux (Français et math) est en contradiction avec les besoins de formations à une époque où le rôle de la science et des technologies dans la société est plus grand que jamais.

  1. Déplacement du concours du professorat des écoles de la fin du master1 au celle du master2 :

Ce déplacement a une logique mais retarde de fait d’un an l’accès au statut de fonctionnaire stagiaire, et un an plus tard à la titularisation. Il risque fort de détourner de nombreux étudiants du choix du master MEEF (effet déjà observé avec une tentative analogue en 2008), d’autant qu’un master différent permet d’accéder au concours.

  1. Un « remède » possible est manifestement cherché dans une pré- professionnalisation de 8 heures par semaine en deuxième et troisième année de licence, développée ensuite pendant le master. Les échecs en licence étant déjà fréquents, la compatibilité avec la préprofessionnalisation est questionnée. Pour le MEN, l’avantage est de répondre dans l’immédiat au besoin de professeurs sans accroître le nombre de fonctionnaires (voir l’article de Pierre Merle).
  2. L’introduction de 2 heures par semaine d’un enseignement scientifique délivré à tous les élèves en première et en terminale à partir de 2022 devrait en principe permettre d’éliminer en partie le manque de formation scientifique initiale des professeurs des écoles, qui étaient issus jusqu’en 2020 en grande majorité des filières littéraires et économiques. Ce n’est cependant qu’à moyen terme (au mieux dans 5-6 ans) que les futurs professeurs des écoles auront eu cette formation scientifique. Le problème du renforcement de la formation continue des professeurs n’en est que plus urgent d’ici là.

Quelques sujets, non ordonnés

  • Les décalages entre les objectifs et les possibilités de les atteindre :
    (voir des commentaires de 2015 sur les objectifs du socle commun )
  • L’état défectueux par rapport aux besoins actuels de nombre d’établissements, en particulier pour l’expérimentation à l’école ( mis en évidence tout particulièrement avec la crise sanitaire)
  • Le manque de souplesse grandissant du système, faute de personnel pas seulement enseignant : exemple La médecine scolaire, en particulier dans les régions dites de déserts médicaux. L’aide administrative ou technique à différents niveaux pour soulager les professeurs et faciliter le travail collectif.
  • Du temps pour la concertation et pour une formation continue collective
  • Une offre de formation plus nourrie et répondant mieux aux besoins. La certitude de pouvoir assurer les remplacements autant qu’il serait nécessaire. Inscrire la formation continue dans des perspectives de carrière pour stimuler les initiatives
  • Améliorer l’attractivité des métiers du professorat: cette attractivité repose sur le niveau des salaires (voir les comparaisons internationales qui mettent en évidence le retard pris). Et l’amélioration des conditions d’exercice du métier : (ce n’est probablement pas un hasard si ce sont dans les départements tels la Seine-Saint-Denis que les postes mis au concours ne sont pas tous pourvus. Comment créer les conditions pour impliquer et aider les parents ?   Des périodes de formation continue programmées (comme les congés sabbatiques de l’ESR), ce qui nécessite davantage de professeurs suppléants pour combler les absences.
  • Réalisation complète des dédoublements de classe en zone prioritaire, mais pas au détriment des autres classes. En collèges et lycée assurer des temps obligatoires de dédoublement de classe pour que l’expérimentation puisse trouver sa place dans les cours de science.
  • Développer dans toutes académies les maisons des sciences et autres structures dédiées permettant l’accès des classes et des enseignants à des environnements expérimentaux.
  • Renforcer radicalement les liens entre les enseignements primaire et secondaires et l’Université et la recherche.
    Les procédures d’interventions sont à assouplir côté
    Education nationale, tout particulièrement si on veut mobiliser pour redresser la situation.
    Il faudrait par ailleurs prendre en compte les interventions en primaire ou secondaire dans les heures d’enseignement.

Venez découvrir

Les Cahiers Rationalistes

Venez découvrir

Raison Présente

Podcast

RECHERCHE PAR THÈME

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *