Michèle Leduc

Responsable du site Web de l’Union rationaliste

14/03/2022

Solidarité avec l’UKRAINE !
Non au gaz et au pétrole russes
Oui à un monde décarboné

Les crises s’enchaînent et secouent le monde entier. Après la crise sanitaire dont nous émergeons à peine, après l’alarme sonnée par les derniers rapports du GIEC sur le climat, voici que depuis une quinzaine de jours une autre crise sidérante s’enclenche : la guerre atroce déclarée à l’Ukraine par le président Vladimir Poutine, presque à nos portes.  Les mesures à prendre d’urgence doivent se conjuguer et se renforcer mutuellement. Mais que pouvons nous faire ?

Avant tout l’UR se joint à la réprobation unanime provoquée par cette guerre dans les pays démocratiques et s’associe à l’appel de 664 chercheurs et scientifiques russes : « Nous exigeons l’arrêt immédiat de tous les actes de guerre dirigés contre l’Ukraine ». L’UR affirme son soutien sans réserve à la population ukrainienne, qui tient bon dans des combats d’autant plus durs qu’il y a disproportion des forces en présence. La solidarité s’étend aussi à toutes les personnes contraintes à l’émigration, avant tout ukrainiennes mais aussi d’autres nationalités, et sans oublier les opposants russophones d’Ukraine et de Russie.

Vladimir Poutine est un dictateur cynique et menteur qui falsifie l’histoire. Il est obsédé par l’idée de restaurer le grand Empire russe et oublieux des enseignements sur le respect des nations. Il est soutenu par une « pétro-oligarchie » mafieuse à la fortune scandaleuse. Son régime ultra-militarisé est de plus en plus policier et réprime durement toute résistance interne. Sourd à l’opposition de bien de ses concitoyens (voir l’appel des scientifiques et des académiciens russes à cesser la guerre), il entraîne son peuple dans un déchaînement de violences inouïes. On compte déjà des milliers de morts, des millions de réfugiés et la destruction de villes entières. La menace nucléaire ajoute à l’irrationalité inimaginable de ces événements, qui constituent une attaque contre les valeurs de la démocratie sur lesquelles reposent nos politiques occidentales.

Quand nos pays disposent de si peu de moyens utilisables pour intervenir sur le terrain, comment pouvons nous réagir ? Il est une arme que nous, Français et Européens, avons en notre pouvoir, c’est l’argent du gaz et du pétrole que nous achetons à la Russie et dont les revenus contribuent directement au financement de son armement. Pourquoi tergiverser à décréter l’embargo sur l’achat de ces ressources au pouvoir criminel de Poutine et de ses oligarques ? En France du moins une telle décision peut être envisagée et entraîner celle d’autres pays européens. Suivons donc les conseils de certains de nos politiciens et économistes et aussi l’injonction du lauréat Nobel de physique Serge Haroche « En coupant le gaz et le pétrole russes, nous allons avoir plus froid, mais nous pourrons nous regarder en face avec moins de honte » (Le Monde du 09/03/2022).

On peut alors s’attendre à la réduction significative des émissions de CO2 qui battent aujourd’hui des records inédits. Limiter les énergies fondées sur les ressources fossiles carbonées du sous sol implique de revoir la production d’énergie à l’échelle mondiale. Ce sera une bonne occasion dans notre pays de repenser son mix énergétique, le déploiement des énergies renouvelables et des moyens pour faire des économies d’énergie. Nous y reviendrons dans un prochain éditorial.

L’UR est aujourd’hui solidaire de l’Ukraine en guerre. Elle doit aussi pour demain se préparer à prendre les tournants irréversibles que les crises successives annoncent pour l’avenir de nos concitoyens.

Michèle Leduc, pour le bureau de l’UR

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1 réflexion sur “Edito mars 2022”

  1. Michel VERDAGUER

    L’éditorial courageux publié an nom du Bureau National sur le site de l’UR à propos de la situation en Ukraine traduit bien l’indignation, la réprobation et la condamnation de tous les membres de l’UR devant l’agression des armées russes contre le peuple ukrainien. Il a en outre le mérite d’ouvrir la discussion au sein de l’UR sur une situation en constante évolution. Rédigé dans l’urgence, il lui était difficile de mettre l’accent également, en quelques lignes, sur la nécessité d’arrêt de l’agression et de créer un rapport de force pour contraindre l’agresseur : au cessez le feu et à la paix, à venir à la table des négociations, puis à parvenir à mettre en place à l’avenir un système international qui garantisse la paix et la sécurité des peuples de la région et du monde.
    Le danger que fait peser dans les combats la présence d’installations nucléaires de production d’électricité plaide aussi pour l’application et l’amélioration des Conventions de Genève pour la protection renforcée de ces sites. Les menaces d’escalade nucléaire remettent aussi à l’ordre du jour, bien entendu, la question de la non-prolifération et de l’interdiction des armes nucléaires.
    La guerre, et a fortiori l’apocalypse nucléaire (on se souvient d’Hiroshima et de Nagasaki …), ne sont jamais une solution.
    C’est un ouvrage qu’il convient de remettre sur le métier.

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