


L'édito de l'Union
Bienvenue à François Héran à l’Union rationaliste
Halte aux dérives de la société
30/06/2023
L’Union rationaliste est honorée et se réjouit vivement de l’accord de François Héran pour prendre la présidence de l’Union rationaliste en juin 2023. Bienvenue à notre nouveau président !
Il succède à Antoine Triller qui quitte cette fonction en raison des charges d’activités qui se sont considérablement accrues pour lui depuis son élection comme Secrétaire Perpétuel de l’Académie des sciences. Pendant les trois années de son mandat, il a beaucoup enrichi la pensée de l’UR et largement contribué à son rayonnement. Il s’est personnellement engagé dans le choix des lauréats des prix et des thèmes de colloques qui ont connu un vif succès. Sa réflexion approfondie, fondée sur son expérience de grand chercheur, a rappelé à l’UR l’importance de la méthode scientifique comme guide face au sommeil de la raison. Qu’il en soit ici chaleureusement remercié !
Aujourd’hui l’ensemble de l’Union rationaliste tient à apporter toute sa confiance à François Héran, prix de l’UR 2022 aux côtés de Cédric Herrou, qui s’apprête à prendre le relais. C’est de nouveau un grand scientifique qui devient président, mais pour la première fois depuis des décennies, ce n’est pas un représentant des sciences dites exactes (mathématiques, physique ou biologie) comme ses prédécesseurs, mais un sociologue et démographe, titulaire de la chaire ” Migrations et Société ” au Collège de France. Il a consacré nombre d’analyses aux aspects historiques et sociéaux du phénomène migratoire, qui selon lui doit être appréhendé comme une « réalité objective et permanente », mais qui fait l’objet de débats souvent mal informés, plus idéologiques que rationnels, polarisant la vie politique en France et en Europe.
L’Union rationaliste ne pourra pas esquiver une réflexion renouvelée sur la question de la laïcité, qui voit sans beaucoup de rationalité s’opposer à gauche des visions divergentes, allant d’une « laïcité de combat » représentée par le « Printemps Républicain » aux diverses composantes du mouvement « woke »[1]. Sur cette question qui interroge la dualité « tolérance-universalisme », nous sommes certains que la pensée de François Héran fera avancer de façon rationnelle la réflexion de l’UR sur cette actualité complexe. Il a en effet approfondi la connaissance de l’impact sur les sociétés des religions, étudié le fait colonial, et beaucoup réfléchi aux concepts de liberté d’expression et liberté de conscience au cœur des affrontements actuels. Ce thème croise les interrogations sur la place des femmes dans la société ; l’Union rationaliste se devra aussi d’aborder sans tabou les différentes nuances du féminisme portées par les jeunes générations.
Les courageux engagements de François Héran contribueront à donner un nouveau souffle aux activités de l’UR avec le concours de tous ses membres. Cette nouvelle mandature s’inscrit dans un contexte particulièrement dur, marqué par les guerres, l’accroissement des inégalités sociales, la dégradation du système scolaire et des services de santé, l’aggravation de la violence, la persistance du racisme et de l’antisémitisme, la désinformation organisée, la montée de la droite-extrême. Et les mesures sérieuses à prendre pour limiter les désastres liés au changement climatique tardent à être concrètement en œuvre. L’UR devra trouver dans tant de désordre le terrain pour développer ses analyses, et convaincre. Enfin il faudra élargir le débat et renforcer l’action militante pour enrayer les mécanismes de la dérive du rationalisme dans la société.
Notre association elle-même est confrontée à bien des défis : élargissement de la base de ses adhérents, apport de nouveaux membres en activité professionnelle, implantation dans le tissu social sur tout le territoire. Mobilisons notre environnement et impliquons-nous tous ensemble pour donner un élan renouvelé à l’Union rationaliste autour de son nouveau président.
[1] L’entretien éclairant sur ces questions d’Alain Policar avec Emmanuelle Huisman-Perrin dans l’émission du 25/06/2023 sur France-Culture peut être réécouté en podcast sur le site de l’UR.
Michèle Leduc, pour le bureau de l’UR
Vous pouvez voir les commentaires et laisser le vôtre en bas de la page sur :
https://union-rationaliste.org/bienvenue-a-francois-heran/
Casser, casseurs, cassures…
Marc André est Maître de conférences en Histoire contemporaine à l'Université de Rouen Normandie, chercheur au sein du Groupe de Recherche d'histoire (GRHis). Ses travaux portent sur l'immigration algérienne, la guerre d'Algérie, la justice militaire et la prison L'angle d'attaque ...
lire la suite ...Le Pacte progressiste sur la Fin de vie salue les travaux de la Convention et appelle le Gouvernement et les parlementaires à prendre leurs responsabilités
Déclaration du Pacte Progressiste Fin de vie : Nous, organisations de la société civile, organisations de composition et d’horizons très différents partageons la vision d’une société qui donne toute sa place à la liberté de conscience, la solidarité, la citoyenneté ...
lire la suite ...Carte blanche à Anne-Cécile Mailfert et Michelle Perrot
« LE FÉMINISME EN ACTE AUJOURD’HUI »Anne-Cécile Mailfert (porte parole et présidente de Osez le féminisme puis présidente fondatrice de la Fondation des femmes, chroniqueuse sur France Inter), avec Michelle Perrot (historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot et ...
lire la suite ...Histoires courtes : Radio planètes
Une clef des exoplanètes est dans les champs d’antennes. (vidéo) Directeur de recherche au CNRS en astrophysique au LESIA (Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique) de l’Observatoire de Paris, Philippe Zarka, outre ses responsabilités au sein de la mission ...
lire la suite ...Articles les plus lus
Climato-scepticisme et variations de la température de la Terre dans le passé
> DOCUMENT <
Par ignorance ou par mauvaise foi, les « climato-sceptiques » rejettent l’urgence d’une transition écologique. Ils sont encore nombreux, notamment aux États-Unis, et parfois très influents par les pressions qu’ils exercent sur des responsables politiques. Parmi eux, il faut distinguer (i) ceux qui nient que le réchauffement actuel soit sans précédent, (ii) ceux qui admettent que le réchauffement actuel n’a pas d’équivalent dans le passé mais qui nient son origine anthropique, et (iii) ceux qui admettent l’origine anthropique du réchauffement actuel mais nient la gravité de ce dernier.
Plutôt que d’une analyse scientifique, certaines de ces prises de position résultent d’un a priori idéologique ou d’intérêts personnels (c’est le cas le plus fréquent) – mais on se doit d’y répondre …
Débat sur la géo-ingénierie
> DOCUMENT <
Deux grandes familles de projets de géo-ingénierie : les émissions négatives de CO2 et l’amoindrissement de l’effet de serre.
Les accords de Paris ont pour objectif de limiter l’augmentation de
température moyenne de l’atmosphère due au réchauffement climatique sous le seuil de 2°C de plus que sa valeur préindustrielle (moyenne entre 1850 et 1900). Depuis 2018, le rapport spécial du GIEC commandé par les
« petits pays » a abaissé ce seuil à 1,5°C, démontrant qu’un réchauffement de 2°C mettrait particulièrement en danger les zones intertropicales et polaires. Dans les deux cas, mais encore plus dans le second puisqu’il s’agit d’une réduction plus drastique, remplir les objectifs fixés impose des « émissions négatives » c’est-à-dire de piéger (ou d’éliminer) du CO2 de l’atmosphère …
La question de l’eau dans le monde : faut-il s’angoisser ?
> DOCUMENT <
Il y a deux fois plus d’eau superficielle et souterraine que de terres émergées sur la planète qui porte donc un nom usurpé. Une quantité infime est disponible pour les usages dont l’accroissement est encore plus rapide que celui de la démographie. Le stress hydrique (quotient entre des ressources économiquement disponibles et le nombre d’habitants) est facteur d’angoisse …
Les terres rares et la transition écologique
> DOCUMENT <
Comment s’engager dans la transition écologique ? Le débat est ouvert et, malheureusement, au vu de la complexité du sujet, les arguments avancés manquent souvent de rigueur. Le problème sera abordé sous l’angle des terres rares, qui semblent indispensables à la réussite de la transition écologique. Certains affirment que le développement des énergies renouvelables sera empêché à cause de la pénurie inéluctable des terres rares. D’autres affirment que les progrès technologiques nous permettront de ne plus faire appel à celles-ci. Qu’en est-il vraiment ?…
L’hydrogène : un matériau d’avenir pour stocker et transporter de l’énergie ?
• L’intérêt de l’hydrogène (H2) dans le domaine de l’énergie tient d’abord au fait que 1 kg d’hydrogène permet de stocker autant d’énergie que ~ 4 litres d’essence (ou 3kg). Il réagit facilement avec le dioxygène pour donner de l’énergie thermique (combustion) ou électrique (pile à combustible).
• Il peut être utilisé pour stocker ou transporter de l’énergie et, dans certaines conditions, il concurrencera l’électricité. Mais 1 kg de H2 gazeux occupe un volume environ 2 800 fois plus grand que 4 l d’essence dans les conditions ordinaires de pression et de température. Pratiquement, qu’il s’agisse de stockage ou de transport, le gaz est souvent comprimé dans des bouteilles en acier à une pression pouvant atteindre 700 fois la pression atmosphérique (à cette pression, en prenant en compte la masse du réservoir, la densité d’énergie par kg est réduite d’un facteur ~15). On développe aussi des procédés de stockage de H2 dans des matériaux solides, avec des densités d’énergie comparables à celle assurée par une compression à 700 bars.
• H2 peut s’enflammer avec l’air et/ou exploser en cas de fuite. Comme c’est le cas pour de nombreux produits inflammables, son utilisation demande donc des précautions particulières.
• Aujourd’hui, plus de 90% de H2 est obtenu à partir d’hydrocarbures, mais il peut aussi être produit par électrolyse de l’eau, c’est-à-dire à partir d’électricité et d’eau, avec un rendement énergétique qui peut atteindre, voire dépasser 80%. La production par électrolyse ne génère aucune pollution.
• On peut aussi produire H2 par des procédés biologiques, à partir de la biomasse ou de certains déchets. Cette production est concurrencée par celle de méthane.
• La façon la plus prometteuse d’utiliser l’énergie chimique de H2 est de mettre en œuvre une pile à combustible. De l’énergie électrique est alors directement obtenue de H2 et O2 avec un rendement de 50% à 60% aujourd’hui (plus de 90% bientôt) et un moteur peut convertir cette énergie électrique en énergie mécanique avec un rendement proche de 1. Cet usage de H2 produit de l’eau et n’est accompagné d’aucune pollution.
• Il existe aujourd’hui des voitures et des autobus électriques utilisant le H2, bientôt des trains et même des « vélos ». Un kg de H2 permet à une voiture « ordinaire » de parcourir une soixantaine de km. Mais ce qui manque encore, c’est un réseau dense de distribution de ce gaz.
• H2 est susceptible d’être très largement utilisé pour stocker et transporter de l’énergie. En particulier, il pourrait être fait largement appel à ce gaz pour le stockage de l’électricité des sources intermittentes dans les périodes de surproduction…
L’électricité dans la transition énergétique
L’électricité tient une place à part dans le mix énergétique : ce n’est pas une énergie directement disponible dans la nature. Sa production est le résultat d’un processus industriel où une énergie primaire (pétrole ou charbon, vent ou énergie solaire, énergie potentielle d’une chute d’eau) est convertie en électricité.
La production mondiale d’énergie dite primaire représente, en 2017, 14 milliards de tonnes d’équivalent pétrole (TEP). Les énergies fossiles classiques atteignent 81 % du total et l’électricité « directe » (nucléaire, hydraulique, EnR et un peu de biomasse) 10 % du total.
Carte blanche à Jean-François Delfraissy
Science, politique et société : l’exemple de la covid 19
Le 19 avril 2022:
Conférence de Jean-François Delfraissy (médecin et professeur de médecine) à 19 h 30 dans l’Amphithéâtre Henri Mineur de l’Institut d’Astrophysique de Paris, 98-bis Boulevard Arago, 75104 Paris.
La science, en particulier la médecine, a dû faire face au Covid 19 dont le mode d’action était complètement inconnu. Le monde scientifique a réussi toutefois à proposer un vaccin dans un laps de temps particulièrement rapide, en moins d’un an. Trop rapide aux yeux de certains. Expliquer, convaincre, s’ajuster en fonction des mutations permanentes d’un virus, avouer ses doutes tout en devant rassurer relève d’une gageure qu’il fallait relever coûte que coûte. li en va de la cohésion d’une société tout entière, de la crédibilité de l’action politique et de la parole de l’expert. L’exemple de la Covid 19 est un cas d’école qui continue à nourrir nos actions et nos réflexions…
Irène Frachon ou le courage de la raison
Irène Frachon, est ce médecin pneumologue qui s’est opposée au deuxième laboratoire pharmaceutique français. Elle est parvenue à établir la dangerosité du Mediator et s’est battue pour obtenir son interdiction. Elle vient de recevoir le Prix de l’Union rationaliste…
Covid et vaccination : redonner du sens aux chiffres
Au XVIIIe siècle la variole faisait en France 50 à 80 milliers de morts par an. L’inoculation de cellules malades, ancêtre de la vaccination, représentait un risque important (un mort pour 1200 inoculations) mais fut acceptée par les paysans comme par les familles royales et défendue par les philosophes des Lumières, face aux réticences religieuses et conservatrices. Grâce à la vaccination, l’épidémie fut enrayée, puis totalement éradiquée en 1980…
L’Université gangrenée ?
Pour faire écho au débat suscité par le terme d’islamo-gauchisme, le bureau de l’UR a demandé à Alain Policar de s’exprimer sur le sujet. Le texte qu’il nous propose éclaire sans parti-pris et avec pédagogie des notions floues qui sous-tendent des débats très actuels.
Alain Policar est politologue et philosophe, professeur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Dernier livre paru : L’inquiétante familiarité de la race. Décolonialisme, intersectionnalité et universalisme, Le Bord de l’eau, 2020.
RECHERCHE PAR THÈME
n°683
Les Cahiers Rationalistes
• mars – avril 2023
n°225
Raison Présente
• Mars 2023