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L'édito de l'Union

Les élections de juin 2024 :
non pas défendre l’Occident mais consolider l’Europe

11/03/2024

     Alors que s’engage la campagne pour les élections européennes du 4 juin 2024, les sondages menés en France entre mi-février et mi-mars donnent un large avantage au Rassemblement national devant la majorité présidentielle : près de 30 % des intentions de vote contre 17 %. La gauche, de son côté, se situerait entre ces deux blocs mais elle reste dispersée : environ 8 % des intentions pour chacune de ses composantes : PS, écologistes et France insoumise. Si l’on ajoute au RN la liste Reconquête (près de 4 %), le score de l’extrême droite dépasse le tiers de l’électorat. Faut-il le rappeler, les élections européennes se jouent à la proportionnelle et les électeurs n’auront pas de second tour à leur disposition pour former contre l’extrême droite ou la droite extrême un « front républicain ». C’est au Parlement européen que se noueront d’éventuelles alliances, au gré des 27 pays en présence.

                 Des enjeux de taille

      Dans ce contexte, la tentation est grande pour l’électeur de manifester son mécontentement face à la crise économique et sociale sans mesurer les enjeux du vote à long terme : pourquoi ne pas « essayer » les solutions extrêmes vendues à bon compte par les partis extrémistes et désormais banalisées ? La liste est longue : fin de la solidarité européenne, souveraineté économique acquise au prix d’un recul du commerce international, fermeture drastique des frontières aux immigrants et aux exilés (y compris les frontières internes à l’Europe), abandon de l’aide au développement, réduction du soutien à l’Ukraine face à l’expansionnisme russe, recul des libertés fondamentales garanties par les cours de justice européennes, modification des projets de lois sous la pression des autorités religieuses en matière de mœurs et de fin de vie, sans oublier l’abandon des mesures qu’il faudrait prendre de toute urgence à l’échelle du continent pour modifier nos comportements de consommation et sauver la planète.

                 La démocratie n’est pas la sondocratie

     L’Union rationaliste n’a nul besoin de donner des consignes de vote précises à ses adhérents pour contrer ces tentations mortifères. Chacun se fera sa doctrine, en essayant d’anticiper au mieux les effets de composition produits par les autres électeurs. En revanche, il entre bien dans la mission de l’UR de souligner à quel point, dans les débats suscités par ces problèmes complexes, la pédagogie doit supplanter la démagogie, les décisions se soumettre à des données aussi objectives que possible. Les politiques proposées à l’échelle nationale ou européenne ne peuvent être dictées par l’opinion telle qu’on la mesure de nos jours, c’est-à-dire par des sondages en ligne s’appuyant sur des access panels qui sont des viviers d’internautes volontaires fidélisés par des bons d’achat et acceptant de répondre à plusieurs sondages dans l’année. Nos démocraties ne sont pas seulement représentatives, elles sont aussi délibératives ; elles ne peuvent s’en remettre à la sondocratie, elles doivent nourrir les grandes décisions en ménageant pour les citoyens un temps d’information objective et critique, solidement argumentée et vérifiée, où la dimension participative va de pair avec le respect de la méthode scientifique (que l’on songe aux débats occasionnés par les réponses médicales au Covid-19). C’est dans cet intervalle de la délibération que la science et la raison doivent légitimement se loger si nous voulons défendre l’avenir de la démocratie en Europe.

                 Une tentation dangereuse : les valeurs « multiverselles »

      Dissipons, pour finir, un phantasme qui tend à se répandre, et pas seulement dans la propagande russe contre l’Occident. Les valeurs démocratiques que nous défendons ‒ comme la liberté d’expression, les libertés académiques, l’indépendance de la justice, le pluralisme politique, l’égalité des genres, le droit des femmes à disposer de leur corps ou encore l’accès au savoir ‒ seraient des valeurs « occidentales », portées par les prétentions de l’Europe à incarner le monde civilisé, marquées à jamais par l’héritage de l’entreprise coloniale. À ces valeurs prétendument universelles, il faudrait opposer les valeurs d’autres civilisations. Ce discours prédomine en Inde (y compris dans le domaine scientifique), en Chine (comme l’a rappelé Anne Cheng), en Iran et dans une partie du monde musulman et, plus près de nous, en Russie. Au lendemain de l’invasion de l’Ukraine, la Douma a voté le retrait de la Convention européenne des droits de l’homme en prétextant que les libertés fondamentales promues par les cours européennes étaient « étrangères aux valeurs de la société russe ». Pour les courants slavophiles et orthodoxes, l’« autocratie » n’est pas un concept négatif mais l’apanage d’un pouvoir centralisé. La critique des valeurs démocratiques universelles a séduit bien des intellectuels africains et latino-américains. À les en croire, il faudrait opposer aux valeurs « universelles » de l’Occident les valeurs « multiverselles » propres à chaque civilisation.

                 Le poids de l’histoire coloniale

      À l’appui de cette thèse, il faut reconnaître que les ingérences militaires des pays occidentaux dans les pays d’Afrique, d’Asie centrale ou des Caraïbes ont lamentablement échoué dans les dernières décennies pour de multiples raisons, que les chercheurs français (tels Jean-Pierre Olivier de Sardan ou Marc-Antoine Pérouse de Monclos) avaient analysées de longue date, sans être écoutés des diplomates. Historiquement, la colonisation des pays du Sud a reposé sur un système dérogatoire d’une grande violence : le « code de l’indigénat » consistait à ne pas appliquer aux peuples colonisés les droits de l’homme et les libertés fondamentales, à commencer par l’accès à une justice indépendante. Le principe « un homme, une voix » n’était pas appliqué dans les colonies de peuplement. La IIIe République avait beau défendre la laïcité, elle misait largement sur les missionnaires pour éduquer, soigner et moraliser les populations colonisées, selon le mot fameux de Gambetta dans les années 1880 : « la laïcité n’est pas un produit d’exportation ». Les législations et, plus encore, les pratiques de terrain attestent l’existence d’un véritable racisme républicain sous la IIIe République : parjures à nos propres valeurs universalistes, nous étions convaincus que les peuples colonisés n’étaient pas suffisamment civilisés pour devenir des citoyens à part entière (un raisonnement longtemps appliqué aux femmes en métropole), sans compter que le poids du nombre aurait remis en cause la domination des colons. Rappeler ces faits, ce n’est pas dénigrer l’universalisme républicain, encore moins salir l’image de la France, c’est relever son niveau d’exigence. De fait, les élites colonisées qui ont lutté pour l’indépendance de leur pays ont pris au mot nos principes universels.

     Au-delà du passé colonial, il faut rappeler que les valeurs et les libertés fondamentales que nous défendons aujourd’hui ne sont pas une émanation naturelle de l’Occident. Siècle après siècle, ces libertés ont été arrachées aux pouvoirs religieux, à l’absolutisme royal, au conformisme local : elles l’ont été aussi au prix des guerres mondiales du XXe siècle, qui étaient d’abord des guerres civiles européennes déclenchées par le nazisme et le fascisme. Ce ne sont pas des valeurs occidentales ou européennes mais des valeurs universelles. Loin d’être acquises une fois pour toutes, il importe de les sauvegarder et de les consolider. C’est l’un des enjeux majeurs des élections de juin 2024 : non pas la défense de l’Occident mais la consolidation de l’Europe.

François Héran  pour le bureau de l’UR.

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