Le bureau de l’Union rationaliste
6/10/2026
Le Pape en France : régression de la laïcité et propagande réactionnaire.
L’UR (Union rationaliste pour les sciences et la démocratie) a matière à s’indigner du tapis rouge déployé par l’État laïc français lors de la visite du pape Léon XIV en France fin septembre 2026. Pendant quatre jours le pape a déambulé de Paris à Lourdes et Metz accompagné par un grand déploiement de forces de l’ordre, en particulier lors de la messe en plein air Place de la Concorde qui a rassemblé près de 600 000 personnes. Le pape a d’abord été reçu par le président de la République à l’Élysée en présence de 500 invités.
Critiquons d’emblée le gaspillage de fonds public occasionnés par l’accompagnement de cette fastueuse visite papale, en un temps où les finances de notre pays sont au plus bas et la rigueur budgétaire imposée pour des secteurs clés comme l’enseignement et la santé. Plus fondamentalement, on ne peut que s’interroger sur ce qui reste de la laïcité telle qu’établie dans la loi de 1905 qui a consacré la séparation des Églises et de l’État. Notons d’ailleurs que plusieurs religions coexistent dans la France d’aujourd’hui, qui compte environ 20% de citoyens catholiques pratiquants mais aussi 10% qui se déclarent musulmans (enquête Insee-Ined 2020).
Les propos du pape qualifiés d’ouverture ont été largement commentés. On ne peut que se réjouir du soutien humanitaire de principe apportés aux migrants en détresse – on s’étonne d’ailleurs que ceci n’ait pas dérangé les partis de droite et d’extrême droite, supporters de toujours d’une Église conservatrice. De fait rien de nouveau, rien de courageux dans les annonces du pape : pas d’arrivée des femmes dans la hiérarchie du clergé, très minces condamnations des exactions sexuelles des prêtres, recommandations au Président pour un meilleur soutien à l’enseignement catholique (massivement financé par la puissance publique), maintien de la condamnation de l’avortement et de l’homosexualité, refus d’assouplissement sur les pratiques de la fin de vie. Le statut particulier du Pape, qui cumule l’autorité politique et l’autorité religieuse autorise ces débordements sans créer de remous dans la classe politique.
Les élites et nos politiques – y compris de gauche – se sont empressés de figurer auprès d’une autorité religieuse phallocrate. La gauche a pourtant partie liée avec le combat anticlérical. Rappelons avec force : la France n’est pas la fille aînée de l’Église, elle est la fille de la République !
Michèle Leduc avec Marc Thierry