Antisionisme, antisémitisme ou horreur du massacre ?
Pour justifier l’interdiction de la manifestation pro-palestinienne du 19 juillet M. Manuel Valls a eu ces fortes paroles qui ne semblent guère avoir choqué la presse française : « Derrière un antisionisme de façade, c’est l’antisémitisme et la haine du juif ». M. Valls a ainsi ressorti une vieille antienne de la propagande pro-israélienne : l’alliance brun-rouge, collusion entre les antisémites d’extrême droite (fascistes pour faire court) et l’extrême-gauche ; l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme qui permet de stigmatiser tous ceux qui désapprouvent la politique du gouvernement israélien. Que des organisations extrémistes musulmanes et des antisémites appellent à participer aux manifestations de soutien au peuple de Gaza ne fait guère de doute. Mais la plupart de ceux que révulsent les massacres perpétrés à Gaza par l’armée israélienne sont loin de tous vouloir la destruction de l’État d’Israël dont l’existence est admise même par les pays arabes et le Fatah, les désaccords, fondamentaux il est vrai, portant sur la nature et les frontières de cet État. Beaucoup sont aussi conscients, instruits par l’attitude des talibans afghans et du califat islamique de Syrie et d’Irak, que si Israël perdait une guerre, la soif de vengeance de certains Palestiniens conduirait à d’ignobles massacres…