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Après Copenhague

Le bureau de l’Union rationaliste présente à tous les adhérents, à tous les visiteurs du site, ses meilleurs vœux pour l’année 2010. Ceux que nous formons pour le renforcement de notre association sont à la mesure de notre conviction : la lutte contre les irrationalismes et pour la laïcité, l’effort de refondation des rapports de la science et de la société, le développement d’une culture humaniste intégrant la science dans la culture générale, sont plus que jamais indispensables aujourd’hui. Le rationalisme n’est pas un dogme, mais le moyen d’aborder de manière constructive les grandes questions de société…

Informations et débats : Les rationalistes contre la confusion

Les occasions de débats sur des questions impliquant sciences et technologies ne manquent pas ces temps-ci. Certains durent depuis des années et reviennent au premier plan à l’occasion d’un évènement particulier. C’est le cas de l’utilisation de l’énergie nucléaire ou des OGM. D’autres, tels que les débats portant sur les risques des radiofréquences ou celui autour des nanotechnologies, pour être plus récents, donnent cependant une impression de déjà vu : ces controverses ne sont pas près de s’éteindre. Plus atypique, le débat sur la nécessité ou non de la vaccination contre la grippe A (H1-N1) est sous les feux de l’actualité. Pourquoi et comment débattre des questions de société impliquant la science et la technologie ? Il est nécessaire selon nous d’articuler sans les confondre débats scientifiques et débats démocratiques. Il est nécessaire aussi de ne pas perdre de vue que ces débats doivent permettre de clarifier les enjeux de manière à permettre aux élus de prendre les décisions les mieux fondées possible. Il s’en faut de beaucoup que ce soit le cas. Une lecture de la presse sur ces sujets interroge les rationalistes que nous sommes…

Les ondes éléctromanétiques sont dangereuses ! C’est le Parlement européen qui le dit !

Ces braves gens se sont longuement penchés sur la question. Longues discussions en commission rapport et vote. Le rapporteur est une dame pas idiote du tout, mais qui, comme tous les autres, comme tout le monde, pratique le principe de précaution. Je vous donne sa conclusion telle qu’elle paraît dans les comptes rendus :
« En guise de conclusion, la rapporteure (sic) souhaite mettre l’accent sur les nombreux documents dont elle a pu prendre connaissance et qui précisent que les compagnies d’assurance refusent généralement de couvrir le risque en responsabilité civile concernant les champs électromagnétiques…

Crise économique et crise climatique : principes et réalités

L’actualité de cette rentrée interroge les rationalistes que nous sommes.
Le mois de septembre 2008 voyait la crise des sub-primes déclencher une crise financière et économique mondiale, sans précédent depuis 1929. Donnons acte aux gouvernements d’avoir agi sans attendre, sans se préoccuper beaucoup de quelques règles supposées jusqu’alors intangibles en économie de marché. On a même assisté au plus fort de ce séisme à un bouillonnement de critiques et de suggestions. La réunion du G20 tenue à Londres en avril avait fait émerger un large consensus pour réformer de fond en comble l’architecture financière mondiale. Les grands principes affirmés seront-ils transformés en règles efficaces lors du G20 de Pittsburg à la fin de cette semaine ? Nous n’entrerons pas ici dans le débat technique qui n’est pas de notre compétence sur les mesures envisageables en discussion : les bonus, les fonds propres des banques, les normes comptables etc. Une analyse rationnelle des causes de la crise dans une économie mondialisée est une base indispensable pour dégager des mesures cohérentes pouvant contribuer à limiter les risques futurs…

Le monde a ses raisons. La physique au cœur du quotidien

Comment se fait-il que les meilleurs archers parviennent, une fois sur deux, à atteindre une cible de dix centimètres de diamètre placée à soixante-dix mètres, alors que la flèche est soumise dès qu’elle est lâchée à une série de perturbations complexes ? Pourquoi est-il si facile de tenir en équilibre en roulant à vélo – une fois passée la période d’apprentissage – alors que c’est quasiment impossible à l’arrêt ? Comment est-il possible de chauffer une maison en prenant de la chaleur à l’extérieur, où il fait plus froid qu’à l’intérieur ? Pourquoi l’eau éteint-elle les incendies, et est-ce toujours vrai ? Pourquoi la force de frottement qu’il faut vaincre pour déplacer une brique posée sur le sol en la poussant du pied ne dépend-elle que du poids de la brique et non de l’aire de la surface de contact ? Pourquoi

Faut-il avoir peur de la science ?

En guise de liminaire, je voudrais que vous gardiez en tête un autre titre que j’aurais pu proposer pour cette conférence[1], et qui, par effet miroir, relativisera tous mes propos : « Devrions-nous souhaiter la fin ou l’arrêt de la science ? ». Imaginez, en somme, qu’à partir de demain, il n’y ait plus de techniciens, d’ingénieurs, de chercheurs, plus non plus d’anesthésie chez le dentiste, plus de laser plus soigner les décollements de la rétine et toutes sortes d’autres choses, etc.

Je sais bien que, parfois, nous voudrions retourner à la nature brute, mais à la condition expresse de pouvoir emporter des vêtements en textile synthétique, une carte de crédit, un téléphone portable et un sac à dos rempli d’antibiotiques…

A propos des ravages de dogmatismes en tous genres

Nous terminions l’éditorial de février en pointant l’incongruité de l’accord de reconnaissance par la République laïque des diplômes délivrés par les « universités » catholiques en France. Le Vatican, en la personne de Benoît XVI, fait encore l’actualité en ce mois de mars. La levée de l’excommunication du courant intégriste de l’Eglise interrogeait la société, au delà des catholiques, sur la signification qu’il convenait de donner à cette contre réforme. Cette décision la scandalisa lorsqu’il apparut qu’elle s’appliquait, en toute connaissance de cause, à un évêque négationniste. Le scandale prit une ampleur nouvelle lorsque Benoît XVI crut bon d’approuver l’excommunication prononcée (et rapportée depuis) au Brésil contre les médecins et la mère « coupables » de l’avortement d’une enfant de neuf ans, victime d’un viol…

Le pape dénonce la sorcellerie et la croyance aux fétiches

Le pape a terminé son voyage par la dénonciation de la sorcellerie : « Tant d’entre eux vivent dans la crainte des esprits, de pouvoirs pernicieux et menaçants », a expliqué Benoît XVI dans son homélie. Il a ensuite exhorté les catholiques à ramener au bercail les « brebis égarées » de l’Église en leur expliquant que « le Christ a triomphé sur la mort et sur tous ces pouvoirs occultes ». On n’aura pas l’inélégance de rappeler ici les innombrables procès en sorcellerie entre le 15e et le 18e siècle, dont on ose croire que même le catholique ou protestant le plus intégriste qui soit n’approuve plus le bien-fondé aujourd’hui…

« Etourdir de grelots l’esprit qui veut penser »

L’année 2008 restera marquée par l’ampleur d’une crise financière et déjà économique dont les conséquences à venir s’annoncent redoutables. De tels évènements concernent et scandalisent tous les citoyens qui, à juste titre, revendiquent de ne pas payer pour une crise dont ils sont victimes. Les rationalistes parmi eux ont un rôle spécifique à jouer dans les réflexions menées sur les causes du cataclysme et les remèdes possibles. L’objectif de l’Union rationaliste est bien, sur cette question comme sur toutes autres, de promouvoir les démarches rationnelles basées sur l’examen de données fiables et transparentes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a beaucoup à faire…

Pour une vraie réforme de notre système d’enseignement supérieur et de recherche.

Article publié sur le site de “Sauvons la recherche”

Alain Trautmann, Didier Chatenay, Georges Debrégeas 2009-02-15

Dans le débat actuel autour du système français d’enseignement supérieur et de recherche (ES&R), certains accusent ceux qui s’opposent aux projets gouvernementaux de n’avoir aucune proposition à faire, d’être partisans du statu quo. D’autres affirment que nombre des propositions faites lors des Etats Généraux de la Recherche de 2004 (EGR) auraient été largement prises en compte par le gouvernement. Ces deux critiques sont évidemment exclusives l’une de l’autre, et également contestables. Nous allons répondre à l’une et l’autre en montrant sur quelques exemples à quel point les évolutions mises en place par l’actuel gouvernement vont à l’encontre de la plupart des pistes explorées lors de ces Etats Généraux. Ceci permettra aussi de répondre à ceux qui suggèrent que le mouvement de 2004 était légitime, mais que le mouvement actuel ne le serait plus…