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L’affaire Sokal…et après ?

Dans notre émission du 25 janvier, nous avons annoncé le colloque que l’Union rationaliste et la revue Raison présente organisent dans la journée du samedi 7 mars sur le thème : ” Une morale contre l’ordre moral “. En d’autres termes, comment concevoir une morale laïque pour notre temps ? Le samedi suivant, 14 mars à 14 heures cette fois, au même lieu, le second colloque, présidé par l’astrophysicien Evry Schatzman, président de l’Union rationaliste, sera consacré à ce que l’on a appelé ” l’affaire Sokal “. Affaire qui a rebondi avec la publication par Alan Sokal et Jean Bricmont, en septembre dernier, de leur ouvrage Impostures intellectuelles…

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Impostures intellectuelles

L’essentiel de la parodie publiée par Alan Sokal 1 porte sur ce que l’on appelle le relativisme cognitif. L’introduction de cette parodie est tout à fait remarquable et mérite d’être citée : ” Beaucoup de scientifiques, et en particulier de physiciens, continuent à rejeter l’idée que les disciplines pratiquant la critique sociale ou culturelle puissent avoir un impact autre que marginal sur leur recherche. Ils acceptent encore moins l’idée que les fondements mêmes de leur vision du monde doivent être revus à la lumière de telles critiques. Au contraire, ils s’accrochent au dogme imposé par la longue hégémonie des Lumières sur la pensée occidentale, qui peut brièvement être résumée ainsi : il existe un monde extérieur à notre conscience, dont les propriétés sont indépendantes de tout individu et même de l’humanité tout entière ; ces propriétés sont encodées dans des lois physiques “éternelles” ; et les êtres humains peuvent obtenir de ces lois une connaissance fiable, bien qu’imparfaite et sujette à révision, en suivant les procédures “objectives” et les contraintes épistémologiques de la (soi-disant) méthode scientifique. “

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L’affaire Sokal

Évry Schatzman : Vous avez écrit, dans le Monde, un remarquable article sur l’affaire Sokal, à l’occasion de la publication par Sokal dans Social Text d’un texte très provoquant. Pouvez-vous nous résumer l’origine de cette affaire ?
Jean-Jacques Salomon : L’origine, elle, est très simple. Sokal, physicien, propose un article à la revue américaine Social Text, une revue de sociologie qui s’intéresse en particulier à la sociologie de la science. Ce texte est présenté comme une analyse de ce qui peut être un renouvellement épistémologique de la théorie des quanta, un texte d’une vingtaine de pages et que très honnêtement, le moindre lecteur cultivé français aurait immédiatement identifié comme une vaste plaisanterie, un canular comme on dirait en français, car dès la deuxième page, le texte prétendait renouveler la théorie des quanta sur la base de citations nombreuses venant d’auteurs français, les uns philosophes, les autres sociologues et qui, effectivement abusaient d’un usage fort peu légitime et surtout peu sérieux, de concepts scientifiques circulant dans les sciences de la nature. Le texte a été accepté par la revue, probablement parce qu’il était signé d’un physicien, ce qui lui donnait une autorité, une ” légitimité scientifique ” entre guillemets…

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Un canular désopilant du physicien Alan Sokal

Les éditeurs de Social Text, une importante revue d’études culturelles, se sont révélés d’une incroyable légèreté. Dans leur édition du printemps/été 1996, ils ont publié un article intitulé : ” Transgresser les frontières : vers une transformation herméneutique de la gravité quantique ” et signé d’Alan Sokal, physicien à l’université de New York. Ce papier est accompagné de treize impressionnantes pages de notes et neuf pages de références.
En quoi les éditeurs ont-ils manqué de sérieux ? C’est que le papier de Sokal était une mystification délibérée…

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