Publications et médias

Thématique

Sur les pseudo-sciences de l’Éducation

Qu’entend-on par Pédagogie et par Sciences de l’Éducation ? [1]
La Pédagogie[2] est étymologiquement la conduite des enfants ; de là on est passé à l’art d’enseigner, d’instruire les enfants. C’est une pratique empirique éminemment respectable et efficace socialement qui, entre autres, a fait la réputation et la gloire de l’enseignement français depuis la maternelle jusqu’à l’Université selon la formule consacrée. Que ce soit une pratique empirique suffit à justifier les stages, conférences, conseils et inspections pédagogiques, la connaissance empirique se transmettant par l’étude, l’analyse et l’imitation de la pratique. Par contre, notre propos est de montrer que les sciences de l’éducation ne sont pas une science autonome ayant constitué son champ propre, et ce qui en découle, problématique, méthodes, expériences…

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La physique quantique, 100 ans de questions (II)

2. L’interprétation de la mécanique quantique : d’hier à aujourd’hui
Quatre-vingt ans après sa formulation, la mécanique quantique est encore source d’incompréhension et plus grave encore, de confusions. Compte tenu de la complexité des mathématiques utilisées, de la remise en cause radicale de certains concepts classiques, de la profondeur des problèmes soulevés, des expériences récentes qui suscitent des interrogations nouvelles, il est certain que les débats sur l’interprétation de la mécanique quantique sont loin d’être clos. Nous allons essayer d’éclairer ces débats en faisant état des développements récents dans ce domaine…

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Radicalité laïque et mouvement social

L’indispensable convergence
Si le militantisme laïque paraît actuel, c’est qu’aujourd’hui encore des États théocratiques persécutent les infidèles et oppriment les femmes, que la première puissance mondiale fait la guerre au nom de Dieu et que nul ne peut être assuré que le darwinisme sera toujours l’objet d’un enseignement serein dans les écoles. Pourtant, la laïcité n’est pas seulement critique ou défensive. Elle a resurgi dans notre espace public lors du débat sur le port des signes religieux à l’école pour être confirmée comme une force vivante profondément enracinée dans la société…

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La physique quantique, 100 ans de questions (I)

1. Qu’est-ce que la physique quantique ?
La physique quantique est née en 1900 lorsque le physicien allemand Max Planck publie les résultats de ses recherches sur le rayonnement du corps noir. Dans cet article, il introduit une nouvelle constante fondamentale de la physique qu’il désigne par h, qu’on nomme aujourd’hui la constante de Planck. L’irruption d’une nouvelle constante fondamentale en physique est toujours le signe d’un grand changement, et dans ce cas, on peut parler de révolution. Toute la représentation que les physiciens (et plus tard les chimistes) avaient alors de la nature allait se trouver complètement changée : nouveaux regards sur les phénomènes physiques, nouveaux outils mathématiques, et bien plus encore, nouvelle compréhension de la nature. 100 ans après ces premiers travaux, la physique quantique n’a pas encore livré tous ses secrets. L’un d’eux, celui qui a le plus diffusé dans le grand public, concerne son interprétation. L’objet de cet article est de rappeler ce qu’est aujourd’hui la physique quantique, de montrer ce qu’elle a de surprenant, et d’essayer de faire un état des lieux des récents travaux sur son interprétation…

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Auschwitz et nous

Puisqu’Ivry commémore depuis 1979 la libération d’Auschwitz, permettez-moi d’évoquer d’abord un souvenir personnel qui a trait à cet événement de l’histoire de la Déportation.
Le 18 janvier 1945, nous étions 58 000 hommes et femmes évacués dans la précipitation par les SS, devant l’approche des troupes soviétiques. Imaginez le froid glacial de l’hiver polonais, la nuit, la neige piétinée par des milliers de galoches. Dans ces colonnes par cinq, escortées par les SS, régnaient l’angoisse et le désespoir, devant la faiblesse, les maladies, les plaies, au seuil d’une nouvelle tragédie.
Et voici que je vis apparaître une colonne de détenues, bras dessus, bras dessous qui chantaient à tue-tête une chanson slave, comme un défi lancé à la face des SS en retraite.
Mais le canon de l’Armée rouge tonnait dans le lointain, et nous étions contraints de fuir vers l’ouest, devant nos libérateurs. Bientôt les coups de feu claquèrent au bout de notre colonne : les SS abattaient les traînards et les épuisés.
Ce fut la terrible marche forcée, la dispersion dans les camps allemands, vers Buchenwald, Dachau, Mauthausen, Ravensbruck, etc., dans des wagons à charbon, sans eau, sans nourriture, sans sanitaire, pour ma part suffocant à un moment sous le poids des cadavres.
Mais retournons maintenant à l’origine du camp nazi…

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L’amélioration des espèces domestiques : dix millénaires de modifications génétiques

La naissance de l’agriculture, voici quelque 10 000 ans, soit au moins 100 000 ans après l’émergence de l’homme « moderne », a été suivie d’un accroissement irréversible de notre dépendance vis-à-vis de la culture et de l’élevage, principalement dans le domaine de L’alimentation. Bien que les produits que nous en retirons soient bien différents de ceux dont vivaient nos ancêtres pré-agriculteurs, il ne s’élève guère de voix, même parmi les plus farouches partisans d’une alimentation « naturelle », pour prôner un retour aux seules ressources de la cueillette, de la chasse et de la pêche. En revanche, des critiques, souvent acerbes et passionnées, s’adressent depuis quelques années à certaines orientations nouvelles, en premier lieu à l’entrée des « organismes génétiquement modifiés », ou OGM, dans les programmes d’amélioration génétique des animaux et des plantes domestiques…

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Le service public et l’école dite libre

1. Introduction
Il est peu de mesures aussi efficaces pour jeter nos concitoyens dans la rue que des projets de modification dans un sens ou dans un autre des conditions d’exercice (indépendance, conditions matérielles, etc.) de la liberté de l’enseignement ; c’est dire la sensibilité de la question scolaire dans notre pays. Il était donc important d’aborder dans ce colloque aussi bien les questions de la laïcité institutionnelle que celles relatives à la laïcité scolaire.
Notre questionnement sera avant tout de conduire une réflexion, bien sûr instruite sur la base de faits, sur une conception de la laïcité scolaire qui mériterait d’être portée par le rationalisme militant dans la perspective donnée par Jean-Pierre KAHANE, à savoir celle de la « reconquête »…

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La mort au cœur du vivant

Le rêve de chaque cellule, a écrit François Jacob, est de devenir deux cellules.
Ce rêve est certainement celui de la cellule originelle, l’œuf, cette sphère infime de matière vivante, qui construira le corps tout entier, celui d’un ver ou celui d’un éléphant. Cette création de la matière vivante, l’organisation et la genèse de la forme ont été au cours de l’histoire de la biologie, les maîtres mots pour définir les mécanismes qui sous-tendent le développement des organismes. Parvenir à découvrir comment se déclenche ou s’arrête la duplication du patrimoine génétique a donc été la clé du secret de la génération.
En revanche, il n’était venu à l’esprit d’aucun des biologistes du XIXe et de la plus grande partie du XXe siècle, que la mort des cellules pouvait jouer un rôle aussi important que leur prolifération dans la construction du vivant.
Des épisodes de mort cellulaire chez l’embryon avaient bien été décrits par les histologistes. Mais, parce que le développement est avant tout genèse et non destruction, ils furent considérés comme un défi au bon sens et par conséquent anecdotiques et négligeables…

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Laïcité et rationalisme

La laïcité a été souvent vécue en France comme une lutte contre l’emprise du catholicisme sur l’État. La désaffection croissante des Français pour le culte catholique, l’attitude relativement modérée des évêques français, même si elle est de circonstance, la visibilité grandissante de l’islam font désormais que la laïcité ne peut plus se définir seulement par rapport à l’église catholique. Les laïcs peuvent par ailleurs se sentir gênés de se trouver aux côtés de la hiérarchie catholique pour réclamer le maintien sans modification de la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’État. Ils se sentent floués quand les églises détournent à leur profit une revendication scientifique et laïque, celle de l’enseignement de l’histoire des religions, et la transforment en revendication d’enseignement des religions, c’est-à-dire en catéchèse universelle, par la force des choses à forte dominante catholique. L’affaire dite du foulard islamique voit se rejoindre une droite opposée à l’islam et à l’immigration et une gauche antireligieuse soucieuse de ne pas voir mettre en péril les difficiles conquêtes de l’émancipation féminine. Par ailleurs le relatif isolement de la France laïque, dans une Europe qui majoritairement ne l’est pas, suscite des inquiétudes légitimes. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les laïques s’interrogent et prennent parfois des positions opposées…

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Entretien avec Jean Bernard

Membre de l’Académie de médecine, membre de l’Académie française, Monsieur Jean Bernard nous a accueilli avec beaucoup de gentillesse. L’entretien qu’il nous a accordé constitue un témoignage d’une grande humanité, qui prend tout naturellement sa place dans la préparation de notre colloque ” Pour un recadrage répulicain de la bioéthique ” (cf. p. 37).
Guy Bruit : Monsieur Jean Bernard, vous avez une longue expérience de médecin et d’homme de science, de savant, et au cours de l’exercice de votre profession, vous avez rencontré beaucoup de drames humains, vous avez connu beaucoup de succès, vous avez connu aussi beaucoup de problèmes, je suppose. Est-ce que vous pourriez évoquer quelques aspects particulièrement marquants pour vous de votre expérience ?
Jean Bernard : J’ai le privilège d’appartenir à la génération qui a été le témoin des plus extraordinaires progrès et évolutions que la médecine ait connus depuis qu’elle existe. Quand j’ai commencé mes études, en 1925, la médecine était pratiquement impuissante. Mais dans les années qui ont précédé la guerre et un peu après, il y a eu une explosion incroyable de progrès…

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Science et démocratie

« SCIENCE ET démocratie » est un thème sur lequel on pourra réfléchir longtemps, mais qui, à chaque moment, à une coloration particulière. En ce moment, mai 2003, on pense immé¬diatement à l’émotion qui s’est emparée des milieux de la recherche scientifique en France à l’annonce des réductions massives décidées par le gouvernement dans les crédits de la recherche, et au succès relatif qui a été leur atténuation. On pense également aux laboratoires d’Avents, héritiers des laboratoires de Rhône-Poulenc, qui abandonnent la quasi-totalité de leurs programmes de recherche. On pense à la priorité aux recherches susceptibles d’engendrer des pro¬fits spectaculaires, à l’appropriation privée des connaissances scienti¬fiques, au déséquilibre mondial croissant au bénéfice des Etats-Unis. Le thème « Science et démocratie » apparaît d’emblée comme lié à l’actualité, à la politique et au combat civique…

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Rationalisme et démarche scientifique

Guy Bruit : Le mois dernier, Jean-Pierre Kahane, président de l’Union rationaliste, a défini ici même, notre rationalisme. Nous voudrions aujourd’hui poursuivre l’explicitation de nos objectifs en traitant de la démarche scientifique. Nos statuts en effet affirment notre volonté de ” défendre le rationalisme et répandre la démarche scientifique dans tous les domaines où elle est pertinente “. Phrase qui semble impliquer que rationalisme et démarche scientifique sont synonymes, mais est-ce tout à fait juste ?
Pour répondre à cette question il faut sans doute commencer par s’interroger sur la démarche scientifique. Or, nombre de membres de l’Union rationaliste sont des scientifiques, quelques-uns particulièrement éminents : c’est l’un d’entre eux, professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des sciences et vice-président de l’Union rationaliste, que nous avons invité aujourd’hui. Il s’agit de Pierre Joliot…

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Liberté de conscience – Un regard sur les principes de la loi de 1905

Dans un peu plus de deux ans (le 9 décembre 2005) la fameuse “loi de 1905”, pas toujours bien connue, sujette à interprétations et souvent malmenée, aura 100 ans. De la construction européenne à la guerre en Irak en passant par le conflit du Moyen Orient, il n’est pas d’endroit sur la planète où un fondamentalisme religieux catholique, protestant, musulman ou juif, ou une idéologie d’État ne prétende dicter sa loi. Chacun aura pu constater, notamment dans la presse, que d’aucuns peaufinent déjà leurs arguments pour justifier une révision ou un “toilettage” de la loi de 1905. Loin de nous la tentation de faire référence à un âge d’or de la laïcité qui serait aussi mythique que les futurs messianiques proposés par quelques idéologies (pas toutes religieuses) ; loin de nous aussi de prétendre que cette loi serait entièrement cohérente ou serait en dehors de l’histoire : il est une évidence pour quiconque la lit qu’elle porte les stigmates de son temps, les cicatrices des combats qu’il a fallu mener et des compromis qu’il a fallu passer…

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L’Union Rationaliste, sa nécessité et ses buts

Le 29 mars prochain, l’Union rationaliste réunira ses militants en Assemblée générale annuelle et nous avons pensé qu’à cette occasion, il serait bon de rappeler ses objectifs. Comme toutes les organisations militantes, elle a besoin d’adhérents, de militants et plus ils seront nombreux, plus l’action et fa voix de l’Union pourront se faire entendre et plus elle sera efficace. Aussi nous avons demandé à Jean-Pierre Kahane qui est mathématicien, membre de l’Académie des sciences et qui est le président de l’Union rationaliste, de venir exposer pourquoi une telle organisation est nécessaire et quels sont ses buts. En principe nous pensons réaliser sur le thème du rationalisme trois émissions ; deux autres devraient suivre celle que vous entendez aujourd’hui telles seront consacrées à la défense du rationalisme dans les sciences qu’on appelle dures : la physique ou la biologie puis dans les sciences humaines…

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Est-ce à l’école laïque de valoriser ” le religieux ” ?

Une meilleure connaissance des religions dans le premier et le second degré : qui pourrait aujourd’hui s’en plaindre, dès lors que sont distingués prosélytisme et information? Mais cette question qui sous-tend le rapport Debray sur “L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque” [1] (mars 2002) est faussement naïve. Il est parfaitement possible, sous couvert d’une présentation objective, d’accompagner la présentation de ” faits religieux ” convenablement choisis d’un jugement de valeur positif et bienveillant, non pas certes envers telle confession présentée comme la seule vraie, ce qui serait aujourd’hui insupportable, mais envers la posture religieuse comme telle. Qu’importe la croyance, ce qui est beau, émouvant, normal, humain en somme, serait de croire. C’est précisément dans ce sens, celui d’une réhabilitation du religieux sous couvert d’éclairage historique des religions, que vont un certain nombre de manuels scolaires récents : typique est de ce point de vue le traitement de la Bible comme texte fondateur dans certains manuels actuels de 6ème (français), aux commentaires et aux guides de lecture fort proches de ceux d’un livre d’histoire sainte…

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Le juste et le bien

Face à l’accroissement de l’hétérogénéité résultant de l’immigration mais aussi du dynamisme interne de la démocratie, l’État libéral moderne est confronté à une situation inconfortable : concilier cohésion sociale et reconnaissance des différences sans renoncer à l’égalité et sans céder au relativisme des valeurs. Si, en effet, le libéralisme paraît adapté pour faire face à la différence individuelle, il se retrouve dans une position plus incertaine face à la différence collective. Le modèle universaliste, sur lequel il est fondé, est désormais soumis à une sévère mise en cause, généralement articulée autour de l’idée qu’il serait pure abstraction. Au fond, la question aujourd’hui posée reste celle de la coexistence, désirée par la Révolution française, de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. Ce travail cherchera à évaluer la portée de la critique émise par les communautariens (ou communautaristes, les deux termes pouvant convenir pour traduire l’anglais communitarian) à l’encontre du libéralisme classique, soupçonné de négliger la dimension communautaire de l’existence sociale…

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A propos du relativisme cognitif

L’article de Pierre Jacob ” La philosophie, le journalisme, Sokal et Bricmont, ” souligne une fois de plus la pauvreté [1] philosophique du relativisme épistémologique ; celui-ci représente tout à la fois une retombée illégitime de la sociologie des sciences et une maladie professionnelle des sociologues. Cette critique ne s’applique pas seulement à Bruno Latour et aux sociologues de le nouvelle historiographie des sciences mais aussi à Jacques Derrida. Quand ce dernier écrit que ” tout signifié est aussi en position de signifiant ” en telle sorte que ” la distinction entre signifié et signifiant – le signe -devient problématique “, il rejette la notion de signe ainsi que l’autonomie du signifié et réduit le langage à un système de signifiants flottant à la dérive sans plus aucun contact avec un référent, c’est-à-dire sans aucune relation avec une réalité empirique. C’est le lecteur et le lecteur seul qui décide du sens du texte.

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La liberté de religion dans la République française

Les religions jouissent en France d’une liberté qu’elles n’avaient connue à aucune époque antérieure à la IIIe République, que ce soit sous l’Ancien Régime (où le pouvoir régalien de l’État s’exerçait même sur la religion catholique), ou sous le Concordat (complété par les Articles organiques, eux-mêmes d’inspiration régalienne) ; pour ne pas parler de la Constitution civile du clergé, qui créait une véritable Église d’État. Toutefois, le terme de ” libertés religieuses ” n’est jamais employé dans les textes législatifs ou réglementaires ; si on l’utilise, il vaut donc mieux le mettre entre guillemets. A défaut du terme, la chose existe, on va le voir. Plusieurs points sont ici à considérer…

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La philosophie, le journalisme, Sokal et Bricmont

En 1996, paraissait dans la revue d’études littéraires américaines, Social Text, sous la plume du physicien américain Alan Sokal, un article au titre énigmatique : ” Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique “. Cet article offrait des interprétations complètement fantaisistes de certains résultats de la logique, des mathématiques et de la physique placées sous l’autorité de plusieurs auteurs français célèbres dans le monde des sciences humaines et de la philosophie. Je n’en donnerai que deux exemples succincts. Il y est affirmé, par exemple, que ” le p d’Euclide et le G de Newton, qu’on croyait jadis constants et universels, sont maintenant perçus dans leur inéluctable historicité “. Dans une note, jouant sur les multiples sens des mots ” égalité ” et ” choix “, il est reproché aux mathématiciens dits ” libéraux ” de se satisfaire de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel qui admet deux axiomes réputés ” refléter ses origines libérales ” (au sens politique du mot) : l’axiome d'” égalité ” et l’axiome du ” choix “…

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L’après-Sokal : que faire ?

L’impact de la parodie
Avant d’évoquer les suites de l’affaire Sokal, je voudrais revenir sur ce qui a été dit à propos de la parodie elle-même et corriger quelques-unes des nombreuses inexactitudes que l’on a pu trouver sur Internet ou ailleurs. Tout d’abord, c’est bien Alan qui l’a écrite tout seul. Bien entendu, j’étais au courant avant qu’elle ne soit publiée et je ne m’attendais pas à ce qu’elle le soit ; c’était trop ” hénaurme “. Et je pouvais encore moins imaginer alors tout ce qui suivrait : par exemple, être invité, moi qui suis professeur dans une université catholique, à intervenir dans un colloque organisé par l’Union rationaliste !
Au moment de la publication de la parodie, la situation était assez décourageante. Un regard rationaliste sur le monde ne pouvait que constater un regain des pseudo-sciences, une montée de l’intégrisme religieux et une croissance de cette espèce de pensée confuse, difficile à cerner de façon précise, qu’on appelle parfois ” postmodernisme “…

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