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L’Université gangrenée ?

Pour faire écho au débat suscité par le terme d’islamo-gauchisme, le bureau de l’UR a demandé à Alain Policar de s’exprimer sur le sujet. Le texte qu’il nous propose éclaire sans parti-pris et avec pédagogie des notions floues qui sous-tendent des débats très actuels.
Alain Policar est politologue et philosophe, professeur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Dernier livre paru : L’inquiétante familiarité de la race. Décolonialisme, intersectionnalité et universalisme, Le Bord de l’eau, 2020.

Laïcité dans l’enseignement supérieur : des régressions travesties en avancées.

Dans les débats actuels sur les questions de laïcité dans l’enseignement en France, il est peu souvent question des universités. Le rapport d’étape sur les travaux de l’Observatoire de la laïcité1 (25 juin 2013) ne les évoque pas, les jugeant sans doute non prioritaires. Le projet de rapport du Haut commissariat à l’intégration2 (août 2013) traite quant à lui des problèmes posés par les tensions d’origine religieuse vécues dans un certain nombre d’universités et fait 12 propositions pour étendre à l’université les principes laïques de neutralité dans un service public, de monopole de l’État dans la collation des grades et de clarté dans l’attribution de locaux aux associations étudiantes. Mais le tableau n’est pas complet car il n’évoque pas la situation des deux universités publiques de Strasbourg et de Nancy au sein desquelles sont financées des facultés religieuses (catholiques et protestante) qui servent depuis des décennies de terrain d’expérience à une stratégie éducative antilaïque…

Hommage à Michel Petit

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès de notre ami Michel Petit, vice-président de l’Union rationaliste de 2004 à 2007. Chercheur en physique des plasmas spatiaux au début de sa carrière, Michel Petit avait exercé au fil de son parcours, de nombreuses responsabilités scientifiques, au CNRS où il présida à la naissance de l’INSU, à l’École polytechnique, dans les ministères de la recherche puis de l’environnement notamment. Lorsqu’il accepta, à la demande de Jean-Pierre Kahane de rejoindre le combat de l’Union rationaliste, il était membre du bureau du GIEC et fortement investi dans les travaux de ce groupe intergouvernemental d’évaluation des recherches sur le climat, pour en préparer le quatrième rapport. Il était président de la Société météorologique de France. Il fut l’un des fondateurs de l’association Sauvons le Climat…

La section UR-Ile de France à Ivry-en-fête 2019

Le thème de la réunion prolongera les réflexions menées en 2019 sur la réforme dite “Blanquer”, sur son incidence sur la formation scientifique des jeunes générations, sur les pratiques pédagogiques des enseignants, sur l’utilisation des neurosciences en pédagogie, … Notre perspective est l’organisation d’une journée d’études, courant 2020, sur les interactions entre recherches en pédagogie et en neurosciences : que faut-il comprendre, en attendre?

Jean-Pierre Kahane

Jean-Pierre Kahane nous a quitté le 21 juin 2017.
Ses obsèques se tiendront vendredi 30 juin de 10h30 à 11 h 30 au crématorium du Père Lachaise, dans la grande salle de la coupole.
L’Union rationaliste perd un militant éminent, académicien des sciences, mathématicien très respecté par sa communauté, et directeur de la revue du PCF Progressistes consacrée à la science, au travail et à l’environnement.
Il présida notre association de 2001 à 2004 et était membre du comité de rédaction des Cahiers rationalistes.

Intervention de l’UR au meeting du 5 décembre 2015, Pour la défense et la promotion de la loi de 1905

L’Union Rationaliste a été fondée en 1930 pour lutter contre toutes les formes d’irrationalisme. Elle a toujours mis en avant la défense et la promotion d’un enseignement et d’une recherche libre de tous préjugés, s’appuyant sur les faits, le raisonnement et l’expérience scientifique, non sur des idéologies préconçues. C’est pourquoi elle a toujours milité pour ce qu’elle considère comme une grande conquête de l’esprit humain, la laïcité dans sa conception française, c’est-à-dire la liberté de conscience et la séparation des Églises et de l’État, trop souvent remises en cause et pas même appliquées dans certains départements du territoire. Je pense en particulier à l’Alsace-Moselle, dont vous apercevez les banderoles, où existent encore le délit de blasphème, le financement des cultes par les impôts de tous, l’obligation de suivre un enseignement religieux au sein de l’école publique et des facultés de théologie dans l’université publique. Les militants laïques se battent pour faire introduire la loi émancipatrice de 1905. Leur combat est courageux car ils se heurtent jusqu’à présent à un manque de courage politique au nom d’un consensus qui cache mal la complaisance à l’égard du pouvoir politique des religions officielles reconnues…

Parce qu’il va falloir raison garder

L’Union rationaliste condamne la barbarie des auteurs et des commanditaires des assassinats commis à Paris le 13 novembre 2015. Elle s’associe au deuil et à la douleur des personnes éprouvées par ces attentats meurtriers.
Il est de la responsabilité de tout citoyen de faire l’analyse des causes qui ont conduit à de telles actions afin d’apporter les réponses politiques appropriées qu’il appartiendra à nos représentants élus de mettre en place…

Les langues régionales ou minoritaires

La question de la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires devait revenir cet été sur la scène publique, mais le débat a finalement été une fois de plus repoussé. Plus le temps passe, plus cette charte soulève des questions graves, sur lesquelles le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État ont rendu par trois fois un avis défavorable argumenté. La pertinence de la ratification n’apparaît pas, mais le danger d’y procéder…

Les tueurs de Dieu : le mal religieux

Horreur, compassion, indignation, aucun mot n’est assez fort, mais aucun ne suffit. Avec l’émotion, après elle, il faut surtout ne pas suspendre notre réflexion, car ils auraient gagné.

Lâches, « cons », barbares, les tueurs ? Ces mots ne les atteignent pas. Ils se croient défenseurs d’une Vérité supérieure : la seule vérité, puisque c’est celle de Dieu. Kamikazes ou pas, ils se pensent courageux et, pour tous leurs « frères » en humeur de les suivre dans leur « sainte bataille », ils sont des héros, martyrs destinés au Paradis. Liberté d’expression ? Aucun sens pour eux ! Ce qui a du sens, ce sont les oukases de Dieu, transmis par les œuvres dites sacrées et par leur prophètes et interprètes. Comment un croyant pourrait-il s’opposer à son Dieu ? …